კულტურული ომი

États-Unis : une nation divisée. Guerre culturelle et idéologique

Barthélémy Courmont – IRIS / automne 2008

https://www.iris-france.org/note-de-lecture/etats-unis-une-nation-divisee-guerre-culturelle-et-ideologique/

Hans-Georg Betz Paris, Autrement, 2007

À l’heure où la campagne présidentielle bat son plein, il convient de s’interroger sur les divergences profondes entre Républicains et Démocrates et, plus précisément, entre les conservateurs et les libéraux aux États-Unis. Le thème de la religion comme principale raison de cette division a souvent été avancé, et développé dans de nombreux travaux récents. Mais l’ouvrage de Hans-Georg Betz se propose d’aller plus loin, et de mettre en relief une division culturelle, voire idéologique, entre deux Amériques. Au-delà des divergences politiques traditionnelles, au-delà même des croyances religieuses, sa démonstration tend à s’interroger sur la place de la morale dans les débats de société de la première puissance mondiale.Ainsi, à une Amérique conservatrice et autoproclamée porteuse de valeurs « américaines », mettant en avant la religion et un patriotisme justifié par l’idée du messianisme de Washington, s’opposerait fondamentalement une autre Amérique, plus laïque, plus ouverte sur l’extérieur, mais également plus « progressiste », en défendant l’avortement, le mariage gay, ou l’interdiction du port d’armes. Deux mondes dont le fossé n’a fait que se creuser au cours des dernières années, sous l’impulsion d’une administration républicaine stigmatisant, lors des élections (l’exemple de 2004 est ici abondamment mentionné) les valeurs face à une Amérique en décomposition, presque décadente. Mais c’est également une Amérique en perpétuelle réflexion sur sa propre existence, oscillant entre la thèse controversée de Samuel Huntington Qui sommes-nous ? et les succès du métissage de Barack Obama qui est ici questionnée.Ces divergences profondes provoquent une division qui dépasse largement les échéances électorales, et génère une incompréhension de l’autre de plus en plus marquée. Ainsi, les conservateurs reprochent souvent aux libéraux de mettre en péril la nation américaine, et ces derniers accusent les conservateurs de refuser de s’adapter aux évolutions des sociétés, au risque de faire des États-Unis une nation rétrograde, perdant ce qui a fait son succès : sa capacité à ouvrir la voie. Les débats débordent donc du monde politique pour s’inviter dans les cercles intellectuels, les grands médias et même le monde des spectacles. Chacun participe à sa manière à cette lutte fratricide aux conséquences incertaines.Les résultats des élections récentes ne font que confirmer une tendance inquiétante. Entre une Amérique « rouge » des conservateurs, de plus en plus implantée dans les zones rurales s’oppose une Amérique « bleue » des libéraux, bien implantée dans les grandes agglomérations. Et le fossé est encore plus profond quand on y regarde de plus près. Ainsi, les Républicains des grandes villes sont, aux yeux de leurs congénères de la campagne, des libéraux, et les Démocrates des zones rurales sont souvent qualifiés de conservateurs. Et, nous explique H. -G. Betz, quel que soit le résultat de l’élection de novembre 2008, cette tendance risque fort de perdurer.

Le macronisme, un progressisme totalitaire

Le macronisme, un progressisme totalitaire

Par Denis Collin

Publié le 24/07/2019 à 9:30

Le philosophe marxiste Denis Collin analyse le macronisme et y décèle, derrière son progressisme, un autoritarisme.

L’actuel président de la République française se définit comme un progressiste et cherche à présenter la lutte politique de notre époque comme l’affrontement entre les progressistes qui sont déjà dans le nouveau monde et les “nationalistes” qui sont les tenants de l’ancien monde. D’un autre côté, il défend le libéralisme tout en multipliant les mesures les plus antilibérales dans le domaine des libertés publiques et dans la généralisation d’une société de surveillance.Le progressisme commence le jour où l’on se met à considérer que le passé est dépourvu de valeur et qu’il doit céder la place à un futur qui sera bien meilleur.

La “vieille gauche” qui se voulait progressiste et les libéraux “à l’ancienne” qui prétendaient que le libéralisme économique et les libertés publiques sont consubstantiels perdent leurs repères et sont incapables d’enrayer la stratégie du président de la république. La confusion dans les esprits est à son comble. Mais c’est qu’on ne parvient pas à comprendre, chez les opposants au président, que nous avons affaire à un véritable progressisme et que ce progressisme a une dynamique totalitaire.

LE PROGRESSISME, LE CAPITALISME ET SA CRITIQUE

Le progressisme commence le jour où l’on se met à considérer que le passé est dépourvu de valeur et qu’il doit céder la place à un futur qui sera bien meilleur ; le jour où l’on se met à considérer que les Anciens ne sont plus les porteurs de la sagesse mais que la vérité est bien du côté des Modernes ; le jour où l’on peut commencer à dire sans être pris pour un fou “du passé faisons table rase”. Le XVIIe siècle rationaliste et le XVIIIesiècle avec les Lumières pensent cette nouveauté radicale dans la manière de nous situer dans l’histoire et le progressisme naît vraiment à ce moment. Il est, sur ce plan, l’esprit même de notre temps, de ces temps modernes qui ont produit les plus grands accomplissements de l’intelligence humaine et un développement sans précédent de la puissance pratique des hommes.L’idéologie progressiste est universaliste et même mondialiste : les nations sont des vieilleries qui doivent être balayées.

Le capitalisme est intellectuellement chez lui dans ce progressisme, mais c’est de ce progressisme aussi qu’est née la critique radicale du capitalisme, celle de Marx. Mais de même que, dans son propre développement, le capital tend à se nier et ne sort de ses crises qu’en détruisant les sources de toute richesse, la terre et le travail, de même le progressisme qui fut l’âme de la philosophie et de la science modernes se transforme-t-il en idéologie, une idéologie mortifère comme l’est le capital à son stade absolu, celui dans lequel nous sommes aujourd’hui, depuis la fin de la guerre froide, du keynésianisme social-démocrate et depuis l’effondrement de toutes les alternatives classiques au mode de production capitaliste, le socialisme ou communisme.

L’idéologie progressiste est universaliste et même mondialiste : les nations sont des vieilleries qui doivent être balayées. La liberté des échanges est la nouvelle bible et le progressiste ne peut qu’être pour le CETA, l’accord UE/Mercosur et toutes les joyeusetés du même genre que nous préparent les savants et les politiques progressistes. La population humaine est maintenant considérée globalement comme une masse dont il faut “réguler les flux” et devant cet impératif les notions de souveraineté doivent s’effacer, les États-nations n’ont plus de légitimité à dire qui peut entrer sur leur territoire. C’est la gouvernance globale qui commande. Dans cette entreprise, l’idéologie progressiste est ardemment soutenue par la gauche “radicale” qui confond internationalisme prolétarien et mondialisation capitaliste, solidarité des travailleurs et traite des nouveaux esclaves, cette gauche qu’on pourrait appeler “la gauche Soros”.

L’idéologie progressiste veut libérer l’individu de tous les liens traditionnels : plus de famille, plus de patrie, des individus sans appartenance réduits à n’être que des consommateurs cherchant à maximiser leur utilité, selon les canons des doctrines économiques en vogue. Toutes les protections qu’offraient les États et les systèmes sociaux deviennent autant d’entraves à la liberté d’initiative de l’individu. Le triomphe de la marchandise va avec la dissolution de toute communauté disait Marx et nous en avons sous les yeux la preuve patente. La protection, le progressiste la juge féodale et l’individu libéré doit affronter seul le risque : les chômeurs n’ont qu’à créer leur entreprise (Raymond Barre) ou traverser la rue (Emmanuel Macron).

Ce que l’on appelle “communautarisme” ne contredit en rien ce schéma progressiste de l’individu sans appartenance : les micro-communautés participent de cet émiettement de toute communauté nationale, de toute solidarité réelle. Il s’agit de même en avant des particularités individuelles, même les plus intimes pour les transformer en armes idéologiques contre toute forme d’universalité. En 1968 se créa un “Front homosexuel d’action révolutionnaire” (FHAR) mais il a fallu ensuite distinguer les gays et les lesbiennes, puis les « trans », puis… et la liste ne cesse de s’allonger. Pour chacun, il n’y a que son moi qui ait de l’intérêt. Le “communautarisme” n’est que la forme que la culture du narcissisme (Christopher Lasch). L’individualisme devenu fou nourrit d’une part la dislocation de l’action syndicale et des solidarités fondées sur les rapports de production, et, d’autre part, encourage le renouveau en réaction d’une religiosité fanatique.

LE PROGRESSISME AUTORITAIRE

L’idéologie progressiste croit dans les possibilités infinies de la science et de la technique. La nature doit être soumise à celui qui s’en veut, depuis Descartes, comme “maître et possesseur”. Voici plus d’un siècle Marcelin Berthelot annonçait que la chimie permettrait, dans un avenir assez proche, de débarrasser l’humanité du fléau de l’agriculture. Écologiste végan à sa manière, ce grand savant annonçait les progressistes d’aujourd’hui. Manger de la viande, voilà qui fait de nous des bêtes ! L’espèce humaine doit être transformée de fond en comble pour n’avoir plus rien de commun avec les animaux, ni leur chair à manger, ni leur peau pour en faire des chaussures ou des vestes, ni la laine pour en faire des pulls. L’écho que reçoivent les “thèses” des végans et des animalistes dans les médias dominants ne saurait être sous-estimé : le véganisme et l’animalisme s’intègrent parfaitement au projet progressiste de transformation radicale de l’espèce humaine.Un autoritarisme rampant s’instaure et toute la société devient une société de surveillance.

La marche vers un au-delà de l’humain est engagée sur tous les fronts. La lutte contre le sexe au nom du genre bat son plein. Que l’homme et la femme puissent se reproduire exactement comme les autres mammifères, c’est absolument insupportable au progressiste. Comme la vérité dans la philosophie post-moderne (la “french theory”), le genre n’est qu’une construction sociale et la promotion du “transgenre”, y compris avec les opérations chirurgicales de “réassignation de genre” s’inscrit ainsi dans le projet progressiste global de transformation de l’espèce humaine. Dans un avenir peut-être pas trop lointain on pourra peut-être définitivement en finir avec toutes ces vieilleries qui font de la reproduction de l’humanité une affaire de sexe. On n’y prend pas garde mais la révision annoncée de la loi bioéthique pourrait bien valider une transformation anthropologique fondamentale. En autorisant la PMA pour toutes les femmes, elle cantonne les mâles dans la fonction de reproducteurs comme les taureaux dans le système moderne de l’élevage bovin. Cette étape franchie, tout le reste viendra naturellement.

Le progrès nous promet le bonheur, obligatoire. Le pouvoir dégouline de bienveillance. Le vocabulaire courant suinte la gentillesse et la mièvrerie. Mais tous sont sommés de consentir à ce bonheur du nouveau monde. Les récalcitrants, les rescapés de l’ancien monde, sont des éléments antisociaux et anti-progrès qui doivent être traités avec la plus grande sévérité. Un autoritarisme rampant s’instaure et toute la société devient une société de surveillance. Sous prétexte de lutte contre les “fake news” se dessinent les contours du futur ministère de la vérité. Les manifestants à l’ancienne sont impitoyablement poursuivis, blessés, éborgnés, amputés, enfermés préventivement pour que rien ne vienne plus, à l’avenir, troubler la marche du progrès.

Le macronisme est l’expression achevée de ce “progressisme” qui fait table rase du passé et mise sur les mécanismes automatiques du marché et les “intelligences artificielles” pour produite une gestion rationnelle d’une société qui ne laissera plus de place aux vieilles passions politiques. C’est un projet totalitaire au sens strict du terme puisque rien ne lui échappe dans une société de surveillance totale. C’est aussi un projet qui prépare l’advenue d’un homme nouveau, débarrassé du fardeau de l’histoire et de toutes les vieilles relations communautaires, un homme adéquat au fonctionnement du grand automate du marché.

Cet homme-là n’est pas très nouveau : c’est l’homo economicus des théories économiques dominantes mais aujourd’hui les doctrinaires ont le pouvoir et sont mandatés pour réaliser ce que la théorie avait prévu. On ne confondra pas totalitarisme et dictature par la violence. La violence n’est pas essentielle dans le projet totalitaire du progressisme. Elle n’est utile que lorsque décidément les mauvais esprits ne veulent pas se rendre à l’évidence du bonheur insoutenable qu’on leur promet. Les libertés publiques ne sont pas abolies d’un coup, on n’assassine pas les opposants mais insidieusement tout ce qui constituait l’idée ancienne de la liberté est rongé et dissout dans les lois et les pratiques du “nouveau monde”.En lui-même, le macronisme est inconsistant. Sa force vient de bien ailleurs et pas seulement de ses bailleurs de fonds.

Si aucune opposition sérieuse et cohérente au macronisme ne parvient à émerger cela tient tout d’abord au fait que presque toutes les fractions des classes dominantes partagent ce projet dans lequel elles se reconnaissent. L’échec de l’opération Bellamy montre bien que la classe capitaliste a clairement choisi son camp et ce n’est plus celui de la vieille droite. Quant à la gauche, elle se décompose parce que, pour une partie, elle a puissamment œuvré pour la victoire du macronisme, mais aussi et surtout parce que dans toutes ses composantes elle est persuadée que le progrès est toujours bon et qu’elle n’a pas de critiques à faire au pouvoir actuel sinon qu’il ne serait pas vraiment progressiste.

En lui-même, le macronisme est inconsistant. Sa force vient de bien ailleurs et pas seulement de ses bailleurs de fonds. Sortir de l’idéologie progressiste, en critiquer radicalement les fondements, il n’est pas d’autre voie si l’on veut construire une alternative socialiste, indispensable pour donner un coup d’arrêt à la course mortifère du capital.

გორბაჩოვს უყვარს ბავშვები

: soutien occidental à la dictature d’Eltsine

Par le Dr Peter HayesMercredi 06 octobre 1993 23:02 commentaires

https://www.independent.co.uk/voices/letter-western-support-for-yeltsin-dictatorship-1509160.html

Sir: Les dirigeants occidentaux ont expliqué leur soutien au coup d’État sanglant de Boris Eltsine contre le parlement russe en suggérant que cela démontre son engagement en faveur du processus démocratique. Cette explication absurde ne doit pas être prise au sérieux. La vraie raison du soutien occidental à Eltsine est beaucoup moins acceptable: il est soutenu précisément parce qu’il est anti-démocratique.

Le processus démocratique en Russie a été illustré par le parlement russe, avec sa représentation de perspectives et d’intérêts politiques contradictoires, et avec ses débats et compromis ultérieurs.

Ce processus a entravé les réformes résolues visant à créer une économie de marché. En organisant son coup d’État, Eltsine a assumé des pouvoirs dictatoriaux qui lui permettront d’imposer des réformes économiques efficaces, cohérentes et impitoyables. C’est pourquoi il est soutenu en Occident.PUBLICITÉ

Cela ne veut pas dire que Bill Clinton et John Major sont anti-démocrates. Le soutien à Eltsine peut être concilié avec le soutien à la démocratie en prédisant que sa dictature sera une étape de transition, une étape qui n’est nécessaire que jusqu’à ce que de nouvelles réformes du marché soient imposées et que leurs conséquences désastreuses à court terme soient remplacées par des avantages à long terme.

J’espère que ces prédictions s’avéreront exactes, mais je pense qu’elles sont beaucoup trop incertaines pour justifier le soutien à l’imposition d’une dictature.

Cordialement votre,

PETER HAYES

École des sciences sociales et

Études internationales

Université de Sunderland

Sunderland

5 octobre

ტოტალიტარიზმის ფუძემდებელ ლენინს უყვარდა ბავშვები.ბავშვები ასევე უყვარს ნობელის პრემიის ლაურეატ მიხაილ გორბაჩოვს. ასეთმა სიყვარულმა აღმოსავლეთი ევროპის და ბალტიის ქვეყნების ბავშვები გადააქცია კახპებად.

ბავშვთა პროსტიტუციის უფრო და უფრო გავრცელება. პერესტროიკა არაა ლობიოს ჭამა.

https://www.theguardian.com/world/2002/jul/12/internationalcrime


World news

6,000 children smuggled to the west each year for sex

000 enfants passés clandestinement vers l’ouest chaque année à des fins sexuelles

Philip Willan à RomeJeu 11 juil 2002 21.56 EDT

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Un nombre croissant d’adolescentes d’Europe de l’Est sont vendues comme esclaves sexuelles dans l’ouest, ont déclaré hier des organisations caritatives lors d’une conférence internationale sur la traite des enfants à Rome.

Chaque année, plus de 6 000 enfants âgés de 12 à 16 ans sont introduits clandestinement en Europe occidentale pour y travailler comme prostitués et trafiquants de drogue ou pour mendier, a déclaré l’association pour enfants Terre des Hommes.

Environ 2 millions de jeunes dans le monde sont victimes de passeurs chaque année, a-t-il déclaré.

Les chercheurs ont identifié le nord-est de l’Italie comme un centre de tri clé pour les filles d’Europe de l’Est qui sont vendues par leurs parents, enlevées par des gangs du crime organisé ou attirées à l’étranger par le mirage d’une vie meilleure.

Il y a une concentration particulièrement élevée d’esclaves sexuels juvéniles dans la région entre Padoue et Venise, avec 20% de prostituées de moins de 18 ans, contre 5% dans d’autres villes italiennes, a indiqué l’organisation caritative.

L’année dernière, 250 filles ont réussi à échapper à leurs exploiteurs et à demander l’aide de l’État italien.

Les victimes des trafiquants d’êtres humains sont de plus en plus jeunes et les gangs du crime adoptent des techniques de plus en plus sophistiquées pour les empêcher d’attirer l’attention de la police, a déclaré Barbara Limanowska, auteure d’un rapport de l’UNICEF sur la traite des femmes et des enfants en Europe du sud-est.

Environ 10 à 30% de toutes les travailleuses du sexe d’Europe de l’Est sont des femmes, a déclaré Mme Limanowska. Save the Children estime que jusqu’à 80% des personnes victimes de la traite en provenance d’Albanie sont des adolescentes de moins de 18 ans.

L’Italie est la porte d’entrée des passeurs de clandestins vers l’Europe occidentale, a déclaré Mme Limanowska, tandis que la Turquie est désormais le relais des femmes en route vers le Moyen-Orient.

“Les femmes sont détenues dans des appartements et des lieux où l’accès de la police n’est pas facile, puis travaillent dans des bars, des clubs et des bordels plutôt que dans la rue”, a-t-elle déclaré.

“Les gangs utilisent des téléphones portables pour organiser leurs activités et déplacer les filles d’un endroit à l’autre pour éviter d’être découvertes.”

Mme Limanowska a déclaré que des gangs albanais, connus pour leur férocité, prenaient le contrôle du commerce de la prostitution dans toute l’Europe.

Mme Limanowska a déclaré qu’il y avait une forte demande pour les services de prostituées adolescentes, et aucune preuve que les clients occidentaux étaient affectés par des scrupules moraux ou par la peur d’enfreindre la loi.

«Ce ne sont pas seulement les trafiquants et les clients qui ne se soucient pas que les femmes soient mineures, mais aussi les agences d’assistance», a-t-elle déclaré. “Cela doit changer.”

Pour les proxénètes, “la propriété” d’une prostituée de moins de 18 ans peut être une source de fierté, selon un autre rapport. Les risques et les récompenses impliqués confèrent une forme de prestige aux patrons de la pègre.

East: Child Prostitution Increasing – Radio Free Europe

9 juin 1998 00:00 GMT 

  • Anthony Georgieff 

https://www.rferl.org/a/1088889.ht

 


Copenhague, 15 juin 1998 (RFE / RL) – La prostitution des enfants dans les trois États baltes, la Russie et la Pologne augmente rapidement, indique un nouveau rapport de la Commission des droits de l’homme du Conseil des États baltes. 

Le rapport, publié au siège du Conseil à Copenhague, établit une distinction claire entre la région de la Baltique occidentale – la Scandinavie, la Finlande et l’Allemagne – et celles de l’est – la Pologne, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et la Russie. Il souligne que les violations des droits des enfants et la maltraitance des enfants se produisent uniquement sur ce qu’il décrit comme une «base isolée» en Occident, mais sont la règle plutôt que l’exception à l’Est. 

Le rapport note que la plupart des États baltes de l’est ont souscrit à toutes les conventions internationales relatives aux droits de l’homme et des enfants. Mais il dit qu’ils ne les mettent pas en œuvre soit en raison d’un manque de législation, soit en raison d’une incompétence officielle ou d’un manque d’intérêt. 

Le rapport est le dernier d’une série d’études similaires au cours des cinq dernières années. Il est cependant le premier à documenter ses conclusions avec des faits et des chiffres concrets. 

Selon le rapport, deux prostituées sur trois en Estonie ont entre 15 et 19 ans. En Lettonie, dit-elle, jusqu’à 12% de toutes les prostituées sont des adolescents – et un tiers d’entre elles ont moins de 16 ans – travaillant principalement dans les célèbres bordels lettons contrôlés par des groupes criminels organisés locaux ou russes. En Lituanie, indique le rapport, la prostitution est concentrée en grande partie autour de la gare et de l’aéroport de Vilnius – et certaines des filles ont 11 ans. 

En Pologne également, indique le rapport, de plus en plus d’adolescents se livrent à la prostitution. Selon des sources polonaises, en 1995, le nombre de prostituées âgées de 12 à 14 ans était d’environ 150 pour l’ensemble du pays. En 1996, il est passé à 400 et a continué de croître rapidement au cours des deux dernières années. 

Le rapport indique que de nombreuses prostituées juvéniles en Pologne travaillent dans des zones adjacentes à la frontière allemande. Là, ils vivent principalement dans des casernes délabrées et accueillent les touristes et les chauffeurs de camion. Selon une organisation caritative finlandaise citée dans le rapport, un problème majeur en Pologne est la grossesse chez les adolescentes prostituées. Cette situation est aggravée par la législation restrictive du pays sur l’avortement. Des sources policières à Varsovie affirment que le nombre d ‘«escortes» adolescentes a également augmenté. 

En Russie, la prostitution des enfants et des adolescents prolifère, indique le rapport. Rien qu’à Saint-Pétersbourg, il y a près de 5 000 jeunes prostituées connues, dont probablement au moins autant que les autorités ignorent. Certains d’entre eux sont vendus par des groupes criminels russes pour 12 000 dollars par enfant à des maisons closes du sud de l’Europe et du Moyen-Orient. 

En raison du tourisme sexuel et de la traite des êtres humains, la prostitution juvénile ne peut être combattue efficacement qu’au niveau international, conclut le rapport. Mais comme la législation et les attitudes nationales varient considérablement d’Ouest en Est, une coopération efficace sur la question est presque inexistante. Le rapport encourage les autorités nationales à considérer les crimes contre les enfants comme ce qu’ils appellent un crime grave et à agir en conséquence. Il recommande l’introduction d’une formation spécialisée à l’intention des agents de police pour lutter contre les crimes contre les enfants. 

Le Conseil des États baltes a été fondé en 1992 et comprend tous les pays riverains de la mer Baltique ainsi que la Norvège et l’Islande. Ole Espersen, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil, a été ministre de la Justice au Danemark et a siégé à la Commission des droits de l’homme du Conseil de l’Europe à Strasbourg. 

Copenhague, 15 juin 1998 (RFE / RL) – La prostitution des enfants dans les trois États baltes, la Russie et la Pologne augmente rapidement, indique un nouveau rapport de la Commission des droits de l’homme du Conseil des États baltes. 

Le rapport, publié au siège du Conseil à Copenhague, établit une distinction claire entre la région de la Baltique occidentale – la Scandinavie, la Finlande et l’Allemagne – et celles de l’est – la Pologne, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et la Russie. Il souligne que les violations des droits des enfants et la maltraitance des enfants se produisent uniquement sur ce qu’il décrit comme une «base isolée» en Occident, mais sont la règle plutôt que l’exception à l’Est. 

Le rapport note que la plupart des États baltes de l’est ont souscrit à toutes les conventions internationales relatives aux droits de l’homme et des enfants. Mais il dit qu’ils ne les mettent pas en œuvre soit en raison d’un manque de législation, soit en raison d’une incompétence officielle ou d’un manque d’intérêt. 

Le rapport est le dernier d’une série d’études similaires au cours des cinq dernières années. Il est cependant le premier à documenter ses conclusions avec des faits et des chiffres concrets. 

Selon le rapport, deux prostituées sur trois en Estonie ont entre 15 et 19 ans. En Lettonie, dit-elle, jusqu’à 12% de toutes les prostituées sont des adolescents – et un tiers d’entre elles ont moins de 16 ans – travaillant principalement dans les célèbres bordels lettons contrôlés par des groupes criminels organisés locaux ou russes. En Lituanie, indique le rapport, la prostitution est concentrée en grande partie autour de la gare et de l’aéroport de Vilnius – et certaines des filles ont 11 ans. 

En Pologne également, indique le rapport, de plus en plus d’adolescents se livrent à la prostitution. Selon des sources polonaises, en 1995, le nombre de prostituées âgées de 12 à 14 ans était d’environ 150 pour l’ensemble du pays. En 1996, il est passé à 400 et a continué de croître rapidement au cours des deux dernières années. 

Le rapport indique que de nombreuses prostituées juvéniles en Pologne travaillent dans des zones adjacentes à la frontière allemande. Là, ils vivent principalement dans des casernes délabrées et accueillent les touristes et les chauffeurs de camion. Selon une organisation caritative finlandaise citée dans le rapport, un problème majeur en Pologne est la grossesse chez les adolescentes prostituées. Cette situation est aggravée par la législation restrictive du pays sur l’avortement. Des sources policières à Varsovie affirment que le nombre d ‘«escortes» adolescentes a également augmenté. 

En Russie, la prostitution des enfants et des adolescents prolifère, indique le rapport. Rien qu’à Saint-Pétersbourg, il y a près de 5 000 jeunes prostituées connues, dont probablement au moins autant que les autorités ignorent. Certains d’entre eux sont vendus par des groupes criminels russes pour 12 000 dollars par enfant à des maisons closes du sud de l’Europe et du Moyen-Orient. 

En raison du tourisme sexuel et de la traite des êtres humains, la prostitution juvénile ne peut être combattue efficacement qu’au niveau international, conclut le rapport. Mais comme la législation et les attitudes nationales varient considérablement d’Ouest en Est, une coopération efficace sur la question est presque inexistante. Le rapport encourage les autorités nationales à considérer les crimes contre les enfants comme ce qu’ils appellent un crime grave et à agir en conséquence. Il recommande l’introduction d’une formation spécialisée à l’intention des agents de police pour lutter contre les crimes contre les enfants. 

Le Conseil des États baltes a été fondé en 1992 et comprend tous les pays riverains de la mer Baltique ainsi que la Norvège et l’Islande. Ole Espersen, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil, a été ministre de la Justice au Danemark et a siégé à la Commission des droits de l’homme du Conseil de l’Europe à Strasbourg. 

ანტიკომუნისტი დიქტატორის ძიება

The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism est un livre de 2007 de l’auteure et militante sociale canadienne Naomi Klein . 

https://tsd.naomiklein.org/shock-doctrine.html

SEPT / OCT / NOV 2007 

AVIS EN VEDETTE 

Il faut une crise 

Naomi Klein se penche sur les fondamentalistes du libre marché et la crise économique ERIC KLINENBERGLA DOCTRINE DU CHOC: LA MONTÉE DU CAPITALISME EN CAS DE CATASTROPHE PAR NAOMI KLEIN. LIVRES MÉTROPOLITAINS. RELIÉ, 576 PAGES. 28 $. 

La couverture de The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism

POURQUOI TANT DE PAYS ONT-ILS DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES PLUS LAISSEZFAIRES ET DES PROGRAMMES SOCIAUX MOINS GÉNÉREUX QUE LEURS CITOYENS NE LE SOUHAITENT? DANS SA CONTRE-HISTOIRE EXPLOSIVE DU CAPITALISME MONDIAL, CONTRE LES RÉCITS DÉSINVOLTES OFFERTS PAR LES ÉCONOMISTES TRADITIONNELS ET LES JOURNALISTES CÉLÈBRES, NAOMI KLEIN SOUTIENT QUE LA RÉPONSE RÉSIDE DANS UNE STRATÉGIE SIMPLE EN DEUX ÉTAPES, AFFÛTÉE PENDANT TROIS DÉCENNIES PAR UNE CABALE INTERNATIONALE DE FONDAMENTALISTES DU MARCHÉ LIBRE: PREMIÈREMENT, EXPLOITER CRISES – QU’ELLES SOIENT DUES À L’ÉCONOMIE, À LA POLITIQUE OU À DES CATASTROPHES NATURELLES – POUR FAIRE AVANCER UN PROGRAMME QUI NE SURVIVRAIT JAMAIS AU PROCESSUS DÉMOCRATIQUE EN TEMPS ORDINAIRE. ENSUITE, CRÉEZ UNE «CORPORATOCRATIE», DANS LAQUELLE LES MULTINATIONALES ET LES DIRIGEANTS POLITIQUES S’ALIGNENT POUR PROMOUVOIR LEURS INTÉRÊTS AUX DÉPENS DU PUBLIC.

L’IDÉE QUE LES CRISES PEUVENT OUVRIR LA VOIE À UN CHANGEMENT RADICAL EST ANCIENNE, ET KARL MARX SE CLASSE CERTAINEMENT PARMI SES PARTISANS LES PLUS NOTABLES. POURTANT, DANS THE SHOCK DOCTRINE , KLEIN AFFIRME QUE CE N’EST QU’À LA FIN DU XXE SIÈCLE QU’IL EST DEVENU PROGRAMMATIQUE PARMI UN GROUPE DE COURTIERS DU POUVOIR – INTELLECTUELS LIBERTAIRES, DIRIGEANTS D’ENTREPRISE ET ÉLITES POLITIQUES – RÉSOLUS À INDUIRE UNE TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE À L’ÉCHELLE MONDIALE. MILTON FRIEDMAN, LE REGRETTÉ PROFESSEUR DE L’UNIVERSITÉ DE CHICAGO QUI EST COMMUNÉMENT APPELÉ L’ÉCONOMISTE LE PLUS INFLUENT DES CINQUANTE DERNIÈRES ANNÉES, EN A ÉTÉ L’INSPIRATION. FRIEDMAN A EXPOSÉ SA THÉORIE DANS LA PRÉFACE DE 1982 DE SON TRAITÉ DE SIGNATURE, CAPITALISM AND FREEDOM, PUBLIÉ À L’ORIGINE EN 1962: «SEULE UNE CRISE – RÉELLE OU PERÇUE – PRODUIT UN RÉEL CHANGEMENT. LORSQUE CETTE CRISE SURVIENT, LES MESURES PRISES DÉPENDENT DES IDÉES QUI TRAÎNENT. . . . NOTRE FONCTION DE BASE [EST] DE DÉVELOPPER DES ALTERNATIVES AUX POLITIQUES EXISTANTES, DE LES MAINTENIR EN VIE ET DISPONIBLES JUSQU’À L’IMPOSSIBLE POLITIQUEMENT »- PAR QUOI IL VOULAIT DIRE PROMULGUER UNE DÉRÉGLEMENTATION RADICALE, LA PRIVATISATION DES INDUSTRIES NATIONALES ET DES PROGRAMMES DU SECTEUR PUBLIC, ET DES COUPES PROFONDES DANS L’ÉTAT-PROVIDENCE – «DEVIENT POLITIQUEMENT INÉVITABLE.»

KLEIN, L’AUTEUR DE NO LOGO (2000), UN MANIFESTE POPULAIRE SUR LA POLITIQUE CULTURELLE DU BRANDING ET DE L’ACTIVISME ANTI-CORPORATIF, APPELLE CETTE ESPÈCE D’OPPORTUNISME POLITIQUE LE «CAPITALISME DE DÉSASTRE». SON NOUVEAU LIVRE EST UNE VUE D’ENSEMBLE DE SON ASCENSION EN TANT QUE MODE DE DÉVELOPPEMENT IMPOSÉ À DES POPULATIONS RÉTICENTES À TRAVERS LE MONDE. C’EST AUSSI UNE INCULPATION FULGURANTE CONTRE SES PRATIQUANTS, DES «JUNTAS DE L’ÉCOLE DE CHICAGO» D’ACOLYTES DE FRIEDMAN QUI ONT COLLABORÉ AVEC DES DICTATEURS MEURTRIERS TANT QU’ILS PROFESSAIENT LEUR ENTHOUSIASME POUR LE LIBRE MARCHÉ, AUX ORGANISATIONS DE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL QUI EXIGEAIENT UNE «THÉRAPIE DE CHOC» ET MONTRAIENT PEU DE CHOSES. CONSIDÉRATION POUR LE BIEN-ÊTRE DE CEUX QUI L’ONT ABSORBÉ, DES FONCTIONNAIRES CORROMPUS QUI ONT PROFITÉ DE CE QU’ILS ONT GENTIMENT QUALIFIÉ D ‘«AJUSTEMENT STRUCTUREL».

LES LECTEURS QUI ONT SUIVI LES DÉBATS RÉCENTS EN ÉCONOMIE DU DÉVELOPPEMENT CONNAISSENT UN ÉLÉMENT DE L’HISTOIRE DE KLEIN: L’ÉCHEC CATASTROPHIQUE DU NÉOLIBÉRALISME À AMÉLIORER LES CONDITIONS DE VIE DES TRAVAILLEURS ORDINAIRES OU DES PAUVRES. «PARTOUT OÙ LA CROISADE DE L’ÉCOLE DE CHICAGO A TRIOMPHÉ», RAPPORTE KLEIN, «ELLE A CRÉÉ UNE SOUS-CLASSE PERMANENTE DE 25 À 60% DE LA POPULATION» ET UNE SURCLASSE DE MILLIARDAIRES BIEN CONNECTÉS QUI CONSTRUISENT DES FORTERESSES MODERNES POUR PROTÉGER LEUR MODE DE VIE TOUT EN PROMETTANT QUE LEUR LA RICHESSE COULERA BIENTÔT. DE PLUS, EXPLIQUE-T-ELLE, LA BANQUE MONDIALE ET LE FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL PLANTENT DES «BOMBES DE LA DETTE» DANS LEURS PROGRAMMES D’AIDE, DE SORTE QUE LES GOUVERNEMENTS NATIONAUX DOIVENT FAIRE EXPLOSER LEURS MODESTES BUDGETS EN REMBOURSANT LES CRÉANCIERS PLUTÔT QUE D’INVESTIR DANS LA SANTÉ PUBLIQUE ET LE BIEN-ÊTRE.

IL N’Y A RIEN DE RÉVÉLATEUR DANS LA CRITIQUE DE KLEIN SUR LES AGENCES DE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL, BIEN QU’ELLE DRESSE UN PORTRAIT RÉVÉLATEUR DE JEFFREY SACHS, L’ÉCONOMISTE SUPERSTAR QUI PERSONNIFIE LEUR ARROGANCE IMPÉRIALE ALORS QU’IL PARCOURT LE MONDE EN PROMETTANT DE RELANCER DES ÉCONOMIES MORIBONDES ET EN REFUSANT DE RECONNAÎTRE SES ÉCHECS. CE QUI EST INSTRUCTIF, EN PARTICULIER POUR LES LIBÉRAUX QUI VOUDRAIENT CROIRE QUE LA DOCTRINE DU CHOC A ÉTÉ RÉDIGÉE UNIQUEMENT PAR LA DROITE, C’EST QUE LA LISTE DE SES PARTISANS, EN PARTICULIER DANS LES ANNÉES 1990, COMPRENAIT TANT DE SOMMITÉS DÉMOCRATES: LAWRENCE SUMMERS, JOSEPH STIGLITZ, GEORGE SOROS , ET BILL CLINTON, POUR N’EN NOMMER QUE QUELQUES-UNS. LE CONSENSUS DE WASHINGTON, APRÈS TOUT, N’ÉTAIT GUÈRE UN TERME PARTISAN.

OCK DOCTRINE , Naomi Klein explose le mythe selon lequel le marché libre mondial a triomphé démocratiquement. Exposant la pensée, la piste de l’argent et les marionnettes derrière les crises et les guerres qui ont changé le monde des quatre dernières décennies, The Shock Doctrine est l’histoire passionnante de la façon dont les politiques américaines de «marché libre» ont fini par dominer le monde – à travers le l’exploitation des populations et des pays touchés par la catastrophe. 

Au moment le plus chaotique de la guerre civile en Irak, une nouvelle loi est dévoilée qui permettrait à Shell et BP de revendiquer les vastes réserves de pétrole du pays…. Immédiatement après le 11 septembre, l’administration Bush sous-tend discrètement le déroulement de la «guerre contre le terrorisme» à Halliburton et Blackwater…. Après qu’un tsunami a balayé les côtes de l’Asie du Sud-Est, les plages immaculées sont vendues aux enchères à des stations touristiques …. Les habitants de la Nouvelle-Orléans, éparpillés par l’ouragan Katrina, découvrent que leurs logements sociaux, hôpitaux et écoles ne seront jamais rouverts…. Ces événements sont des exemples de «la doctrine du choc»: utiliser la désorientation du public suite à des chocs collectifs massifs – guerres, attaques terroristes ou catastrophes naturelles – pour obtenir le contrôle en imposant une thérapie de choc économique. Parfois, lorsque les deux premiers chocs ne parviennent pas à anéantir la résistance,un troisième choc est utilisé: l’électrode dans la cellule de prison ou le pistolet Taser dans la rue. 

Sur la base de recherches historiques révolutionnaires et de quatre ans de reportages sur le terrain dans les zones sinistrées, The Shock Doctrine montre de manière vivante comment le capitalisme catastrophe – la réingénierie corporative rapide de sociétés encore sous le choc – n’a pas commencé avec le 11 septembre 2001. Le livre retrace ses origines cinquante ans en arrière, à l’Université de Chicago sous Milton Friedman, qui a produit bon nombre des principaux penseurs néo-conservateurs et néolibéraux dont l’influence est encore profonde à Washington aujourd’hui. De nouveaux liens surprenants sont établis entre la politique économique, la guerre de «choc et de crainte» et les expériences secrètes financées par la CIA sur l’électrochoc et la privation sensorielle dans les années 1950, recherches qui ont aidé à rédiger les manuels de torture utilisés aujourd’hui à Guantanamo Bay. 

La doctrine du chocsuit l’application de ces idées à travers notre histoire contemporaine, montrant avec des détails fascinants à quel point les événements bien connus du passé récent ont été des théâtres délibérés et actifs pour la doctrine du choc, parmi lesquels: le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973, la guerre des Malouines en 1982 , le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, la crise financière asiatique en 1997 et l’ouragan Mitch en 1998. 

Твердая рука, железный протез

https://www.gazeta.ru/comments/column/kolesnikov/12557083.shtml

06.08.2019, 08:05

Андрей Колесников о 30-летии мифа о возможности авторитарной модернизации 

30 лет назад этот текст обсуждался неистово и обеспокоенно. Два ставших известными в перестройку политолога Андраник Мигранян и Игорь Клямкин в беседе с Георгием Целмсом, обозревателем «Литературной газеты», тираж которой в 1989-м достигал ошеломляющих, немыслимых ныне шести с половиной миллионов экземпляров, обсуждали необходимость авторитаризма для… перехода к демократии. Огромный по сегодняшним меркам текст назывался «Нужна железная рука?»

В то время сам вопрос звучал диковато и провокационно: в феврале были выведены советские войска из Афганистана, в марте прошли выборы на Съезд народных депутатов, многих кандидатов от «партии власти» прокатили, в конце мая начался многодневный марафон «транзисторной демократии» — вся страна, прильнув к радиоприемникам, слушала прямую трансляцию первого Съезда; из каждого угла слышались надтреснутый и решительный голос Андрея Сахарова, казенная штампованная речь защитников строя, увещевания Михаила Горбачева.

А ожидания были еще более высокими: и в самом деле, по определению заокеанского профессора со странной фамилией, похожей на Фудзияму — Фукуямы — наступал «конец истории».

Что и подтвердилось в том же году: спустя неделю после громкой публикации в «Литературке» через Эстонию, Латвию, Литву протянулась многокилометровая балтийская цепь — в знак солидарности оккупированных народов и по случаю полувекового юбилея Пакта Молотова-Риббентропа. В ноябре 1989-го символическим образом рухнула Берлинская стена и началась самая красивая из «бархатных революций» — чехословацкая. За лозунг «За вашу и нашу свободу» уже невозможно было посадить в тюрьму.Интересное в сети

Вот потому-то степень провокативности публикации в любимой газете советских продвинутых классов оказалась совершенно неслыханной. Эффект был настолько мощным, что даже сейчас я помню, как читал этот газетный материал: вышел в обеденный перерыв с работы и отправился в скверик на Старой площади (нет-нет, работал я не в ЦК, но прямо напротив, в Верховном суде РСФСР), чтобы спокойно, усевшись на скамейку, прочитать объемный газетный материал.

Честно говоря, в этом споре я был на стороне интервьюера, чьи профессионально короткие реплики и вопросы, вежливый, но твердый скептицизм показались гораздо убедительнее великоречивых и противоречивых рассуждений о том, что к путь к рынку и демократии лежит исключительно через диктатуру.

Та публикация стала нашим, советским «Концом истории», только с ровно противоположным смыслом.

Спустя всего несколько лет этот интервьюер станет моим любимым начальником и коллегой, а затем и другом, которого больше года назад мы похоронили — бескомпромиссный, живой, с вечной вонючей сигаретой, торчащей из раздерганной седой бороды, одноклассник гэкачеписта Бориса Пуго, Георгий Михайлович Целмс, звезда перестроечной «Литературки».

Когда интервьюируемые говорили, что демократия мешает перестройке продвигаться вперед, Целмс в некотором изумлении уточнял: «А разве демократия не цель и не средство перестройки?» Когда ученые мужи рассуждали о том, что только авторитарный правитель способен реформировать экономику, интервьюер интересовался: «Разве недавние трагические события в Китае (жестокий разгон демонстрантов-студентов на площади Тяньаньмэнь с помощью танков с сотнями человеческих жертв в июне того же, 1989 года. – А.К.) не показывают нам, как опасно реформировать экономику, ничего не меняя в политической системе?».Интересное в сети

Интервьюируемые углублялись в мировую историю, доказывая, что нигде и никогда не происходило прямого перехода от тоталитаризма к демократии. И почему-то забывали о послевоенной истории. Ну, да, везде был переходный период. Но мостиком к демократическим переменам в Германии и Италии в конце 1940-х, и в 1970-е Испании вовсе не был авторитаризм, тем более мучительно затяжной. Исторические штудии показались интервьюеру неточными. Он напомнил своим коллегам, что перестройка происходит не в минувшие века, и не в традиционном, а сильно урбанизированном современном обществе, давно вступившем в эпоху НТР, не говоря уже о всеобщей грамотности населения.

Однако интервьюируемые стояли на своем: «Переход от дотоварной экономики к товарной, к рынку никогда и нигде, ни у одного народа не осуществлялся параллельно с демократизацией»; «При авторитарном режиме общество расслаивается и вызревают различные интересы. И в тот момент, когда носители их готовы кинуться друг на друга, чтобы перегрызть глотку, «сильная рука» не допускает этого. Так постоянно создаются условия для гармонизации интересов, а значит, для демократических реформ. Прыжок через исторический этап еще никому не удавался»; «…можно идти… через демократическую диктатуру»; «…сформировать Комитет национального спасения… Да, я в настоящий момент за диктатуру, за диктатора… главе такого комитета нужно вручить реальную программу спасения и ограничить срок его полномочий».

Диктатор, став диктатором, логично возражает Целмс, «наплюет на все ваши программы и ограничения». Но хождения по кругу продолжаются: необходимо, говорят эксперты, «усиление власти лидера-реформатора. Демократизация, как мы уже не раз говорили, вовсе не способствует реформам»; «Когда массы подключаются к решению серьезных вопросов, они их зачастую решают себе во вред».Новости СМИ2На Россию надвигается грозная напастьБлинкен обратился к России после визита в КиевПеречислены украинские города, желающие присоединиться к РоссииЗюганов предложил изменить пенсионный возраст в России

И Хрущев, и Косыгин, возражает интервьюер, «пытались реформировать экономику, ничего не меняя в политической системе. Да и первые годы нынешней перестройки показали: экономреформа не идет. Ее блокирует архаичная политическая система».

«Экономреформа» действительно не шла. Сравнительно радикальная программа преобразований, написанная Евгением Ясиным и Григорием Явлинским, сотрудниками возглавляемой Леонидом Абалкиным Комиссии по экономической реформе, была отвергнута в конце того же 1989 года. Отто Лацис и Егор Гайдар написали алармистскую записку по поводу растущего дефицита бюджета и безответственной финансовой политики, которую удалось передать Михаилу Горбачеву, и он к этому отнесся вполне серьезно.

План по превращению Горби в просвещенного автократа, железной рукой осуществляющего экономические реформы был реанимирован, когда стало понятно, что власть партии слабеет, а значит, надо реконфигурировать власть самого Горбачева: в марте 1990-го он был избран третьим Съездом народных депутатов (без всенародного голосования) президентом СССР.

Разные группы экономистов писали программу за программой, включая амбициозный план «первых ста дней президента». Но никакой радикальной реформы не состоялось. Экономика последовательно разваливалась.

А потом, после вооруженных столкновений в Вильнюсе января 1991-го, уже было не до экономики. Многие тогда назвали Горбачева диктатором, но только не в том смысле, который вкладывали в это понятие Мигранян и Клямкин, спорившие с Целмсом, а во вполне прямолинейном – политическом.

Комитет национального спасения, о котором толковал в августе 1989 года Мигранян, был создан под названием ГКЧП спустя ровно два года – в августе 1991-го. Авторитаризм «на пути к демократии» провалился несколько раз и покончил с иллюзиями о возможности сохранения Союза.

Для проведения реформы в России Борис Ельцин получил от Съезда народных депутатов РСФСР особые полномочия и возможность на время (ровно как в том тексте в «Литературке») совмещать посты президента и премьера. В скором времени возникла ситуация фактического двоевластия – противостояния правительства и Верховного совета.

Потом много чего происходило уже в истории России, а не СССР. Но миф о русском Пиночете не умирал. Призрак авторитарной модернизации возникал то в программе Грефа 2000 года, то в программах Института современного развития в годы президентства Дмитрия Медведева, то приходил в образе «Стратегии-2020», написанной для возвращавшегося Владимира Путина, то в технократических одеждах программы Алексея Кудрина.
Попутно возникали и проникали в общественный дискурс рассуждения о том, что народ к демократии не готов, пошла нарезать круги по салонам и дискуссионным клубам «суверенная демократия», закончившая свой путь на рассуждениях о «глубинном народе».

Постоянно твердили все то же, что и в 1989-м – путь к процветанию идет через «твердую руку», он очень долгий, быстро ничего не бывает.

LA STRATÉGIE DU CHOC, PAR NAOMI KLEIN (13) LA RUSSIE EN PROIE AUX GLOUTONS FÉBRILES

https://journal.alinareyes.net/2014/11/05/la-strategie-du-choc-par-naomi-klein-13-la-russie-en-proie-aux-gloutons-febriles/

ALINAREYES

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La Retraite française, une oeuvre d’Illarion Pryanishnikov

*

« À peine deux semaines après que le comité Nobel eut déclaré la fin de la Guerre froide, The Economist conseillait à Gorbatchev de modeler sa conduite sur celle de l’un des meurtriers les plus infâmes de la Guerre froide. Sous le titre « Mikhail Sergeevitch Pinochet ? », l’auteur concluait que même si le fait de suivre ses conseils risquait de causer « une effusion de sang […], le moment était peut-être venu, pour l’Union Soviétique, d’entreprendre une réforme néolibérale à la Pinochet ». Le Washington Post alla encore plus loin. En août 1991, il fit paraître un commentaire coiffé du titre suivant : « Le Chili de Pinochet pourrait servir de modèle pratique à l’économie soviétique ». (…) Gorbatchev trouva bientôt sur son chemin un adversaire tout à fait disposé à jouer le rôle d’un Pinochet russe. (…) Eltsine était un glouton notoire doublé d’un gros buveur. » (pp 268-269)

« Ce que réclamait Eltsine, c’était le genre de pouvoirs exécutifs qu’exercent les dictateurs, et non les démocrates, mais le Parlement lui était toujours reconnaissant du rôle qu’il avait joué au moment de la tentative de coup d’État, et le pays avait désespérément besoin de l’aide étrangère. La réponse fut oui. » (p.270)

« Au bout d’une année seulement, la thérapie de choc avait prélevé un très lourd tribut : des millions de Russes de la classe moyenne avaient vu l’épargne de toute une vie être engloutie par la dévaluation de la monnaie ; en raison de l’élimination brusque des subventions, des millions de travailleurs n’étaient plus payés depuis des mois. En 1992, la consommation du Russe moyen avait diminué de 40 % par rapport à 1991, et le tiers de la population vivait sous le seuil de la pauvreté. Les Russes de la classe moyenne durent se résoudre à vendre des effets personnels sur des tables pliantes installées au bord de la rue – expédients désespérés qui, aux yeux des économistes de l’école de Chicago, signifiaient l’avènement de l’ « esprit d’entreprise ». » (pp 273-274)

« Eltsine, sûr du soutien de l’Occident, s’engagea de façon irréversible dans ce qu’on appelait désormais ouvertement la « solution Pinochet » (…) Comme il venait de doubler la solde des soldats, l’armée lui était pour l’essentiel favorable. Selon le Washington Post, il fit « encercler le Parlement par des milliers de militaires du ministère de l’Intérieur, des barbelés et des canons à eau, puis il interdit à quiconque de passer. (…) Une centaine de manifestants et un militaire furent tués. Ensuite, Eltsine abolit tous les conseils municipaux et régionaux du pays. La jeune démocratie russe était démantelée, pièce par pièce. » (pp 276-277)

Le Parlement finit brûlé par l’armée. « À la fin de la journée, l’attaque en règle des militaires avait coûté la vie à environ 500 personnes et fait près de 1000 blessés. Moscou n’avait pas connu une telle violence depuis 1917. (…) Kagarlitski se rappelle les propos du policier qui lui assénait des coups à la tête : « Vous voulez de la démocratie, espèce de fumier ? Nous allons vous en donner, de la démocratie ! » (pp 278-279)

« Les bénificiaires du boom ? Un club limité de Russes, dont bon nombre d’anciens apparatchiks du Parti communiste, et une poignée de gestionnaires de fonds communs de placements occidentaux qui obtinrent des rendements faramineux en investissant dans des entreprises russes nouvellement privatisées. Se forma ainsi une clique de nouveaux milliardaires, dont bon nombre, en raison de leur richesse et de leur pouvoir proprement impérial, allaient faire partie du groupe universellement connu comme celui des « oligarques » ; ces hommes s’associèrent aux Chicago Boys d’Eltsine et dépouillèrent le pays de la quasi-totalité de ses richesses. D’énormes profits furent virés dans des comptes bancaires à l’étranger, au rythme de deux milliards de dollars par mois. Avant la thérapie de choc, la Russie ne comptait aucun millionnaire ; en 2003, selon la liste du magazine Forbes, il y avait dix-sept milliardaires dans le pays. » (p. 281)

« Les effets du programme économique furent si brutaux pour le Russe moyen et l’aventure si clairement entachée par la corruption que la côte de popularité du président tomba sous les 10 %. ( …) En décembre 1994, Eltsine fit ce que de nombreux chefs d’État déterminés à s’accrocher coûte que coûte au pouvoir avaient fait avant lui : il déclencha une guerre. (…) et le ministre de la Défense prédit que son armée n’aurait besoin que de quelques heures pour vaincre les forces de la République sécessionniste de Tchétchénie. » (p.282)

« Dans le nouveau contexte de terreur, le fait que Poutine [Premier ministre] eut passé dix-sept ans au KGB (…) semblait soudain rassurer de nombreux Russes. Comme Eltsine sombrait de plus en plus dans l’alcoolisme, Poutine, le protecteur, était idéalement placé pour lui succéder à la présidence. Le 31 décembre 1999, au moment où la guerre en Tchétchénie interdisait tout débat sérieux, quelques oligarques organisèrent une discrète passation des pouvoirs d’Eltsine à Poutine, sans élections à la clé. » (p.288)

Multiplication énorme du nombre de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté (2 millions en 1989, 74 millions dix ans plus tard), 3,5 millions d’enfants russes sans abri selon l’UNICEF, deux fois plus de consommation d’alcool, neuf fois plus de toxicomanes (soit 4 millions), deux fois plus de suicides, quatre fois plus de crimes violents, décroissance démographique spectaculaire… tels sont quelques-uns de maux recensés ensuite par l’auteur.

« La misère planifiée est d’autant plus grotesque que l’élite étale sa fortune à Moscou plus que partout ailleurs, sauf peut-être dans une poignée d’émirats pétroliers. (…) Le pillage d’un pays riche comme la Russie a exigé des actes de terreur extrêmes – de l’incendie du Parlement à l’invasion de la Tchétchénie. (…) Eltsine avait beau bafouer tout ce qui ressemblait de près ou de loin à la démocratie, l’Occident qualifiait son règne de « transition vers la démocratie », fiction qui ne se fissura que lorsque Poutine s’en prit à quelques-unes des activités illégales des oligarques. » (pp 290-291)

« Comme Adam Smith l’avait parfaitement compris, l’anarchie qui règne dans les territoires nouveaux n’a rien de problématique. Au contraire, elle fait partie du jeu, au même titre que la contrition et la promesse solennelle de faire mieux la prochaine fois. » (p. 297)

ტერორიზმი ევროპაში

  1. Vox Monde

Terrorisme : « La France est clairement le pays d’Europe le plus touché »

https://www.lefigaro.fr/vox/monde/terrorisme-la-france-est-clairement-le-pays-d-europe-le-plus-touche-20210315

FIGAROVOX/ENTRETIEN – La Fondapol a publié un état des lieux du terrorisme islamiste depuis quarante ans. Pour son directeur général Dominique Reynié, la France concentre à elle seule près de 44 % des attentats islamistes et 42 % des victimes en Europe.

Par Ronan PlanchonPublié le 15/03/2021 à 16:49, mis à jour le 15/03/2021 à 16:52

Dominique Reynié est professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, qui a publié en 2019 une enquête sur les attentats islamistes dans le monde entre 1979 2019.


LE FIGAROVOX. – Alors qu’ils n’étaient que 3,5 % entre 1979 et 2000, les attentats islamistes représentent 30 % des attentats commis dans le monde depuis 2013. On pense aux effets de l’affrontement indirect des puissances américaine et soviétique en Afghanistan, mais y a-t-il d’autres facteurs ?

Dominique REYNIÉ. – De la fin du XIXe siècle aux années 1980, le terrorisme, comme réalité très diverse, a été principalement animé par causes que l’on pourrait qualifier de séculières : révolutionnaires, anarchistes et socialistes, nationalistes et séparatistes ont alors constitué le gros des actes terroristes. L’année 1979 marque un premier tournant avec l’internationalisation de la cause islamiste, dans le prolongement d’événements qui précipitent cette évolution : l’intervention soviétique en Afghanistan, la révolution iranienne, la signature des accords de Camp David et la prise d’otages de la Grande Mosquée de La Mecque par un groupe de fondamentalistes islamistes, en novembre-décembre. Notamment en raison de l’activisme des Frères musulmans en Syrie, le déploiement du terrorisme islamiste est visible dès les années 1980-1983. Il gagne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord dans les années 1990. Dans notre étude, Les attentats islamistes dans le monde 1979-2019 (Fondation pour l’innovation politique, novembre 2019), nous recensons 2 190 attentats islamistes ayant causé la mort de 6 818 personnes sur la période 1979-2000.

Les attentats du 11 septembre 2001 inscrivent une nouvelle rupture en consacrant la globalisation du terrorisme islamiste. Ils forment à ce jour la combinaison d’attaques la plus meurtrière de l’histoire du terrorisme, avec 3 001 morts et plus de 16.493 blessés au total. Le spectacle planétaire de cet événement scelle le début d’une nouvelle ère dans la médiatisation du terrorisme. Selon nos données, s’opère alors une intensification du phénomène de la violence islamiste entre 2001 et 2013 avec, par rapport à la période précédente, une multiplication par quatre du nombre d’attentats (8 264) et par plus de cinq du nombre des victimes (38 186).

Entre 2013 et 2019, l’islamisme devient la cause terroriste la plus meurtrière. On enregistre sur cette période une augmentation sans précédent du nombre d’attentats (23.315) et de morts (122.092). Le djihadisme se développe régionalement, s’appuyant notamment sur la proclamation de l’établissement d’un califat par l’organisation État islamique (EI), à Mossoul, en 2014. La montée en puissance de l’EI et de Boko Haram est facilitée par des contextes géopolitiques chaotiques qui offrent aux groupes terroristes de nombreuses opportunités d’expansion.

Le spectacle planétaire du 11-Septembre celle le début d’une nouvelle ère dans la médiatisation du terrorismeDominique Reynié

Ces attentats islamistes font aussi de plus en plus de morts (3,1 morts par acte terroriste de 1979 à 2000 contre 5,2 entre 2013 et 2019). Qu’est-ce qui a changé ? Les modes d’action ? La stratégie des terroristes ?

Lors des vingt dernières années, les attaques se sont non seulement multipliées mais elles sont aussi devenues beaucoup plus meurtrières. Plusieurs éléments, interdépendants les uns aux autres, expliquent ce choc de violence. Il est d’abord largement imputable à la montée en puissance de groupes comme al-Qaida, puis, plus récemment, l’État Islamique et de Boko Haram. Ces groupes placent la brutalité au cœur de leur modèle idéologique, c’est la stratégie du chaos ; elle a été théorisée par Abu Jihad al-Masri, cadre d’al-Qaida, dans le texte intitulé L’administration de la sauvagerie. Publié sur Internet en 2004, en arabe, ce texte exprime une haine des juifs, des chrétiens, des apostats, de la démocratie et de ses valeurs. Un deuxième élément est l’intrusion de ces groupes armés dans des contextes de guerres civiles, en Syrie ou en Iraq, où les victimes sont particulièrement nombreuses. Dans ces territoires, l’EI a pris les caractéristiques d’un belligérant visant l’établissement d’un ordre totalitaire et usant de matériels et de tactiques d’une ampleur militaire. Dans ces deux pays, 61.513 personnes ont été tuées dans des attentats islamistes entre 2013 et 2019, soit la moitié du total des victimes du terrorisme islamiste sur cette même période. Enfin, les groupes terroristes développent fortement certaines modalités d’action, par exemple en incitant des individus à agir seul – notamment à travers des attentats suicides, particulièrement meurtriers. Ce sont les « loups solitaires ».

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Il faut noter que l’intensification de l’usage du numérique se révèle redoutablement efficace pour les actions de propagande et de recrutement. L’apparition des réseaux sociaux permet aux groupes islamistes d’interagir fortement, le plus souvent anonymement, de partager des documents et des informations, mais également d’établir une communauté d’individus liés entre eux par la cause autant que par les outils de communication. On sait que la messagerie Telegram a été utilisée par les terroristes du Bataclan.

Ces attaques ont changé de nature, les attentats suicides sont également en forte augmentation. Sommes-nous face à une nouvelle génération de terroristes plus déterminés, prêts à tout ?

Dans l’histoire du terrorisme, le recours aux attentats suicides n’est pas un phénomène nouveau. Il n’est d’ailleurs une caractéristique des mouvances islamistes mais des Tigres Tamouls, au Sri Lanka, qui en firent un usage systématique à partir de 1976 dans le cadre d’une revendication indépendantiste mêlant d’ailleurs musulmans et chrétiens. La technique de l’attentat suicide est ensuite passée dans le répertoire d’actions du terrorisme islamiste lors du conflit Iran-Iraq, entre 1980 et 1988. Plusieurs milliers d’enfants iraniens, de moins de 16 ans, seront amenés à se précipiter sur les champs de mines afin de permettre aux troupes d’aller combattre au nom de la République islamique de Khomeyni. On parle alors d’« attaques-suicides ». Il s’agit bel et bien d’une tactique de guerre. Il semble que ce soit ensuite dans le cadre de la guerre du Liban qu’ont été perpétrés les premiers « attentats suicides ». À Beyrouth, le 23 octobre 1983, deux attentats suicides orchestrés par le Hezbollah atteignent les contingents américain et français de la Force multinationale de sécurité, provoquant la mort de 241 soldats américains dans le premier cas et, dans le second, de 58 personnes, pour la plupart des soldats français.

Il s’agit bel et bien d’une tactique de guerreDominique Reynié

Entre 1979 et 2000, nous avons recensé 19 attentats suicides entraînant la mort de 190 personnes. On observe une forte progression à partir des années 2000, d’abord sur la période 2001-2013 (679 attentats suicides et 9 981 morts), puis une intensification entre 2013 et 2019 (1 820 attentats suicides et 23 315 victimes). L’organisation État islamique et Boko Haram ont massivement recours à l’attentat-suicide. Cette technique illustre la culture de la mort entretenue et développée chez les jeunes djihadistes. Pour réaliser ses attentats suicides, Boko Haram endoctrine, manipule, embrigade ou contraint avant tout des femmes, des adolescents et de très jeunes enfants. Notons que si, dans l’opinion publique occidentale, l’auteur d’un attentat-suicide est plus souvent associé à l’idée d’un fanatique, d’une personne misérable ou psychologiquement déséquilibrée, un certain nombre d’études contrastent ce portrait en soulignant le niveau socio-culturel relativement élevé d’une majorité des terroristes morts dans des attentats suicides. Chacun comprend que ce type d’attentat, au milieu d’une école, d’un mariage, d’un enterrement, d’une prière ou d’un bazar, fait énormément de victimes et que son impact médiatique est considérable. Le recours à l’attentat suicide s’inscrit donc également dans un nouvel univers médiatique où les images sont aussitôt diffusées partout dans le monde. Comme mode opératoire, l’attentat suicide résonne avec ces nouveaux outils, instillant une peur extrême, individuelle et collective, et un sentiment insupportable de vulnérabilité permanente face à des terroristes capables de semer la mort n’importe quand et n’importe où.

Les civils sont la cible principale (28,5 %) des terroristes islamistes, devant les militaires (24,5 %) et les forces de police (18,3 %). Est-ce une stratégie de prendre pour cible les corps constitués ?

Derrière ces chiffres, on retrouve une variété de contextes. On citait précédemment la Syrie et l’Iraq, il s’agit de pays où les militaires sont en effet pris pour cible dans des contextes de guerre civile. Les attentats contre forces de police se retrouvent beaucoup chez les Talibans. Ils s’inscrivent dans un objectif politique de déstabilisation des institutions. C’est un mode opératoire que l’on retrouve aussi en Europe. S’en prendre aux institutions d’ordre (police, armée et justice), c’est aussi frapper ceux qui nous protègent. Là encore, l’effet psychologique est surpuissant. C’est pourquoi, à mon avis, le point le plus haut de la peur collective a été atteint le 3 octobre 2019, lors de l’attentat dans les locaux de la préfecture de police de Paris, où trois policiers et un agent administratif ont été assassiné́s par un employé́ radicalisé qui occupait la fonction d’adjoint administratif à̀ la Direction du renseignement de la pré́fecture de police de Paris (DRPP).

C’est ainsi que dans nos démocraties, le terrorisme islamiste agit comme un poison. Sur ce point, il ne se distingue pas des autres formes de terrorisme. Face à ce déchaînement de violence aveugle, la stupeur, l’abattement puis la peur bouleversent la nature et des demandes politiques. Des désirs de répression, de contrôle, de surveillance, d’expulsion, de fermeture des frontières s’expriment alors au grand jour. Une culture sécuritaire, voire paranoïaque, se déploie. Les nécessaires mesures destinées à rassurer et à prévenir alimentent inévitablement ce climat. Les démocraties se peuplent d’innombrables systèmes de contrôle d’accès aux lieux publics et aux magasins ; portiques et vigiles surgissent partout, les poubelles de rue deviennent des sacs transparents, prendre un avion oblige à de lourdes procédures de contrôle et de fouille, aller dans le métro requiert la vigilance des voyageurs, les sites stratégiques inquiètent, la vidéosurveillance se répand, tandis que la lutte contre les réseaux terroristes intensifie la surveillance policière : fichiers, écoutes, traçage sur le web et les réseaux sociaux, sur les forums de jeux vidéo, etc.

Dans nos démocraties, le terrorisme islamiste agit comme un poisonDominique Reynié

Enfin, la peur de l’autre fissure des sociétés ouvertes où l’on finit par se soupçonner les uns les autres : désir d’en découdre, xénophobie, conflit des identités et autoritarisme ont le vent en poupe. Par la violence des djihadistes, l’islam et les musulmans suscitent des craintes irrépressibles et grandissantes. Une part croissante de l’opinion se croit représentée et rassurée par des chefs qui promettent d’altérer l’État de droit.

La France a été le pays le plus touché de toute l’Union européenne. Elle concentre 43,9 % des attentats, loin devant le Royaume-Uni. Pourquoi notre pays est-il devenu une cible ?

La France est clairement le pays d’Europe le plus touché, avec 80 attaques et 330 morts entre 1979 et février 2021, selon nos dernières actualisations. Sur l’ensemble des pays de l’Union européenne – en comptant le Royaume-Uni -, la France concentre à elle seule près de 44 % des attentats islamistes et 42 % des victimes. En France, depuis les attentats commis par Mohammed Merah, le 11 mars 2012, et aujourd’hui, on recense 56 attentats islamistes ayant coûté la mort à 293 personnes, dont 18 enfants et adolescents. La moitié de ces attaques sont le fait de l’État islamique.

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La France paie certainement sa présence dans le monde, notamment son engagement militaire. Nous sommes l’une des trois puissances démocratiques, avec les États-Unis et le Royaume-Uni, à déployer des troupes hors de nos frontières nationales, notamment pour combattre les groupes islamistes, comme au Mali. Il y a aussi sans doute aussi un lien avec notre passé colonial, même si bien des pays européens ont été touchés par l’islamisme sans partager ce passé, l’Allemagne, le Danemark, la Suède ou l’Autriche par exemple. Enfin, à part Israël, la France est le seul pays, où vivent une communauté musulmane et une communauté juive importantes. Cela pourrait favoriser une importation du conflit israélo-palestinien, mais manifestement le terrorisme islamiste qui nous frappe ne se préoccupe guère du sort des Palestiniens.

გერმანელებს უნდათ აღმოსავლეთი

სასიცოცხლო სივრცე (გერმანულად lebensraum) არის გერმანელი ნაციონალისტების, იმპერიალისტების და ნაცისტების თეორიის ნაწილი.

https://fr.vikidia.org/wiki/Espace_vital-8-13 წლის ფრანგი ბავშვებისთვის განკუთვნილი ინტერნეტ-ენციკლოპედია.

ამ თეორიის თანახმად გერმანელებს უნდა ჰქონდეთ ტერიტორია რომელიც სკმარისია მათი ცხოვრებისთვის, გამოკვებისთვის და მათი გენიის გაშლისთვის.

ეს ტერიტორია გერმანელებს უნდა აძლევდეს მათი დემოგრაფიული საჭიროებების დაკმაყოფილებისთვის საჭირო რესურსებს, საკვებს, ინდუსტრიულ სამუშაოს. სასიცოცხლო სივრცემ უნდა დააკმაყოფილოს უფრო და უფრო მრავალრიცხოვანი და უკეთესად ცხოვრების მსურველი გერმანელი ხალხი.

ამ თეორიის თანახმად გერმანელებს აქვთ ერთ სახელმწიფოდ გაერთიანების და მათთვის საჭირო მეზობელი მიწების დაპყრობის უფლება.

მეზობლად ცხოვრობენ ხალხები, ქვეადამიანები, ვერადამიანები, რომლებიც ვერ უვლიან კარგად სივრცეს რომელსაც ისინი აკონტროლებენ და რომლებსაც არ სჭირდებათ დიდი სივრცე მათი არსებითი საჭიროებების დასაკმაყოფილებლად გერმანელებს კი აქვთ ამ უხეირო ხალხების ტერიტორიის დაპყრობის უფლება.

ეს თეორია ხსნის ნაცისტური მესამე რაიხის ექსპანსიონისტურ საგარეო პოლიტიკას და 1939 წელს პოლონეთისთვის თუ 1941 წელს საბჭოთა კავშირისთვის ომის გამოცხადებას.

ნაცისტები ამ ტერიტორიებზე მცხოვრებ ხალხებს თვლიდნენ მდაბალ ხარახურა ხალხებად.

მაგრამ გერმანელების მიერ ამ ტერიტორიების კოლონიზაცია ნაცისტებზე ბევრად უფრო ადრე დაიწყო.

 Sophie-Frédérique d’Anhalt-Zerbst  ეს გერმანელი ქალბატონი 1762 წელს გადაიქცა რუსეთის იმპერატორად, დიდი განმანათლები ვოლტერის და დიდროს მეგობარ ეკატერინე მეორედ //1729-1796//

I- 1.1.1. 1763-1769 მან დიდად იზრუნა რუსეთის იმპერიაზე და გერმანელებზე.

მან დაპატიჟა გერმანელები და დაასახლა ისინი რუსეთის იმპერიის ნაკლებად დასახლებულ და გამოუყენებელ მიწებზე.

მან რუსეთის იმპერიაში დასახლებულ გერმანელებს მისცა დიდი უფლებები, მაგ. კულტის თავისუფლება.

მან რუსეთის იმპერიაში დასახლებული გერმანელები გაანთავისუფლა სამხედრო სამსახურიდან და 30 წლით გაანთავისუფლა გადასახადებისგან.

მან რუსეთის იმპერიაში დასახლებულ გერმანელებს მისცა ადმინისტრატიული ავტონომია და სახელმწიფო დახმარება.

მოკლედ რუსეთის იმპერიაში რუსებს არ ჰქონდათ იმდენი უფლებები რადენიც გერმანელებს.

გერმანელები შუა საუკუნეებიდან მე-19 საუკუნემდე სახლდებოდნენ დღევანდელი გერმანიის აღმოსავლეთით მდებარე ტერიტორიებზე და ეწეოდნენ მათ კოლონიზაციას. ისინი ასე დასახლდნენ რუსეთის აზიურ ნაწილამდე.

გაჩნდა გერმანელთა მიგრაციის დიდი ზონები //პომერანია, სილეზია,დასავლეთი პრუსია, აღმოსავლეთი პრუსია,სუდეტები, დღევანდელი ჩეხეთის რესპუბლიკა,რუმინეთი, ვოლგას რეგიონი რუსეთში//.

გერმანული ენის და გერმანული კოლონიზაციის დიდი რეგიონების გარდა ბალტიის ზღვის და ადრიატიკის სანაპიროებზე და ციმბირში არის სხვადასხვა მნიშვნელობის გერმანული კოლონიები.

გერმანელი პრინცესა Anhalt-Zerbst გახდა რუსეთის იმპერატორი: ეკატერინე II (პრინცესა Sophie Frédérique Auguste d’Anhalt-Zerbst).

თვითონ წარმოშობით გერმანელმა მან მე-18 საუკუნის მეორე ნახევარში დაასახლა გერმანელები რუსეთის იმპერიაში.

მან თავისი მეფობის დასაწყისიდან 1762-1764 წლებში გამოაქვეყნა 3 მანიფესტი და რუსეთის იმპერიაში დასახლებისკენ და კოლონიების დაარსებისკენ მოუწოდა ღარიბ ევროპელ გლეხებს.

1763 წლის 22 ივლისის მანიფესტი სთავაზობდა უცხოელებს, მათ შორის გერმანელებს, რუსეთის იმპერიაში დასახლებას.

აი მანიფესტის ზოგი ყველაზე მნიშვნელოვანი პუნქტი: 

” ყველა უცხოელს ვთავაზობთ ჩვენს სამეფოში დასახლებას…”.

” ყველა ჩამოსულ უცხოელს გამონაკლისის გარეშე ექნება მისი რელიგიის თავისუფლება მისი სტატუსების და მისი რელიგიური წეს-ჩვეულებების შესაბამისად”.

” რუსეთში ახალჩამოსულ უცხოელს არ დაეკისრება გადასახადების გადახდა, მას არ დააძალებენ ჩვეულებრივ თუ სხვა სამსახურს. ურბანულ რეგიონში დასახლებული უცხოელი 30 წლის მანძილზე განთავისუფლებული იქნება გადასახადებისგან.”.

”რუ სეთში დასახლებულმა უცხოელებმა აქ ცხოვრების მანძილზე თვითონ უნდა აირჩიონ სამხედრო სამსახურში იქნებიან თუ სამოქალაქოში”.


მიწათა რეგლამენტაციის (Landordnung) თანახმად ზოგი დიდი მნიშვნელობის მუხლი დაემატა კოლონთა მომავალი განვითარებისთვის. რუსეთში დასახლებულ უცხოელებს ამიერიდან სწორედ კოლონები ეწოდათ. აი 4 მუხლი:

  1. კოლონებისთვის მემკვიდრეობით გამოყოფილი მიწა უნდა მიეცეთ მათ არა როგორც პირადი საკუთრება არამედ როგორც ყოველი კოლონიის ან კომუნის საკუთრება.
  2. 2. კოლონებს შეუძლიათ ამ მიწის გაყიდვა ან დათმობა იერარქიულად უფროსის წინასწარ გაფრთხილების გარეშე.
  3. 3. მათი ეკონომიკის განვრცობისთვის და გაუმჯობესებისთვის კოლონებს შეუძლიათ მიწის ნაკვეთების ყიდვა პირადი ხმარებისთვის და ასე დამატებითი საკუთრების შეძენა.
  4. 4. გვირგვინის მიერ მიცემული ნაკვეთები მემკვიდრეობით უნდა გადაეცეს უფრო ახალგაზრდა შვილს”. მოგვიანებით კოლონებს მისცეს კოლონიის თუ თემის თვითმმართველობის უფლებაც.
  5. უნდა ითქვას ისიც რომ კოლონებს შეეძლოთ რუსეთის იმპერიიდან წასვლა როცა მოუნდებოდათ.
  6. გერმანიის და რუსეთის იმპერიის გლეხები ყმები იყვნენ და რუსეთის იმპერიაში დასახლებული გერმანელი კოლონები თავისუფლები იყვნენ.
  7. ეკატერინე მეორის ემისარები მანიფესტებით დადიოდნენ ევროპაში, განსაკუთრებით გერმანიაში და აფრქვევდნენ დაპირებებს. პირდებოდნენ სახლს, მიწას,საქონელს,სასოფლო-სამეურნეო იარაღს, საგადასახადო პრივილეგიებს და დიდი ხნით სამხედრო სამსახურიდან განთავისუფლებას.
  8. ასეთმა დაპირებებმა რა თქმა უნდა აცდუნა 7-წლიანი ომით//1756-1763// დაქცეული ქვეყნების გატანჯული გერმანელები და ისინი გადასახლდნენ რუსეთში.

1763 წლიდან გერმანელები წმინდა იმპერიის დასავლეთი ნაწილიდან გადასახლდნენ რუსეთის იმპერიაში და დამკვიდრნენ ვოლგას რეგიონში, ძირითადად ქალაქი სარატოვის ირგვლივ. მათ ასე უპასუხეს რუსეთის გერმანელი იმპერატორი ეკატერინე მეორის მანიფესტს.

ეს იყო რუსეთში Deutschtum-ის დასაწყისი.

იმპერიამ ალტერნატივა შესთავაზა იმიგრანტებს: ჩართვა ქალაქის კომერციაში ან კორპორაციაში ან შექმნა კოლონიის სადაც ისინი შესძლებდნენ თავისი ხელოსნობის, თავისი კომერციის შექმნას, მოკლედ თავისი ცხოვრების აწყობას.

რუსეთის იმპერიამ გერმანელ იმიგრანტებს მისცა მიწა, ფულის გარკვეული რაოდენობა და ავანსი, სამი წლით გაანთავისუფლა ისინი გადასახადებისგან.

საქმე იმაშია რომ რუსეთის გერმანელ იმპერატრიცას გერმანელი იმიგრანტები სჭირდებოდა მისი იმპერიის ნაკლებად დასახლებული მიწების ასათვისებლად კოლონიზაციის მეშვეობით.

ომებით გატიალებულმა გერმანელებმაც არ გაუშვეს ხელიდან ეს შანსი.

პერესტროიკით გამოტვინებულმა ქართველებმა 2017 წლის მარტში იზეიმეს რუსეთის იმპერიის სამხრეთ-კავკასიურ მხარეებში გერმანული კოლონიზაციის 200 წლისთავი.

ზეიმს ერქვა ” არქიტექტურული ხიდები ხალხებს და ეპოქებს შორის”.

ზეიმი მოაწყო Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GIZ ანუ განვითარების გერმანულმა სააგენტომ და ა.შ.

გერმანელებს რომ უხარიათ საქართველოს მოქცევა გერმანელთა სასიცოცხლო სივრცეში გასაგებია, მაგრამ გაუგებარია რა უხარიათ ამ ზეიმის მომწყობ ქართველებს.

https://www.itinari.com/fr/the-caucasus-germans-in-georgia-x46k

კავკასიის გერმანელები თბილისთან დასახლდნენ მე-19 საუკუნის პირველ ნახევარში.

მათ საქართველოში დასახლება გადაწყვიტეს იმიტომ რომ რუსეთის წარმოშობით გერმანელმა იმპერატორმა ეკატერინე მეორემ გერანელებს ძალიან მომგებიანი პირობები და გარკვეული პრივილეგიები შესთავაზა კავკასიაში დასასახლებლად. ეკატერინე მეორე მათ დაპირდა მგზავრობის საფასურის გდახდას, მიწების და სამშენებლო საშუალებების თუ სასოფლო-სამეურნეო იარაღის უფასოდ მიცემას და გადასახადებისგან განთავისუფლებას. გერმანელები სიხარულით დათანხმდნენ ამაზე.

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https://fr.unesco.org/news/celebrations-du-bicentenaire-installation-allemands-caucase-du-sud-emigration-souabes

გერმანელები მოიწევენ აღმოსავლეთისკენ-Ober Ost- რაიხის სამხედრო კოლონია

colonie militaire du Reich 

L'Ober Ost, colonie militaire du Reich

პირველმა მსოფლიო ომმა თავისი გაქანებით დიდი გავლენა მოახდინა ადამიანთა ფსიქიკაზე. დასავლეთის ფრონტზე მომხდარი ამბები ვრცლადაა გადმოცემული ისტორიის წიგნებში, მაგრამ ხშირად ავიწყდებათ ის რაც ხდებოდა აღმოსავლეთით, დღევანდელი ლატვიის, ლიეტუვას, პოლონეთის და ბელორუსიის ტერიტორიებზე.

ეს რეგიონი,რომელსაც დაარქვეს Ober Ost გერმანულმა ძალებმა 1915 წელს დაიპყრეს იმისთვის რომ აქ სამხედრო კონტროლს ქვეშ ყოფილიყო სატელიტური სახელმწიფო და ბუფერული ზონა გერმანიის იმპერიას და რუსეთის იმპერიას შორის. მას რკინის ხელით მართავდა გენერალი Erich Ludendorff რომელიც ამ ტერიტორიას თვლიდა მომავალი კონფლიქტებისთვის მოსამზადებელ ბაზად.

L’Ober Ost, colonie militaire du Reich 

L'Ober Ost, colonie militaire du Reich

გერმანიის კაიზერმა ვილჰელმ მეორემ დაიქირავა ლენინი. 1918 წელს გერმანია აკონტროლებდა ანუ განაგებდა ლიეტუვას, ლატვიას, ბელარუსს, პოლონეთის ნაწილებს,კურლანდიას. ასეთია ისტორია რა გიყოთ. ბოლშევიკები ამ ისტორიას მალავდნენ. გოგიაგვახარიაც ჩუმადაა. After the signing of the Treaty of Brest-Litovsk of March 1918, the German Empire effectively controlled Lithuania, Latvia, Belarus, parts of Poland, and Courland, all of which had formerly formed part of the Russian Empire.[1]

« Drang nach Osten »,გერმანული ექსპანსია ცენტრალურ და აღმოსავლეთ ევროპაში,

უნივერსიტეტი პარიზი III-ს დამსახურებული პროფესორი Georges Castellan

https://www.clio.fr/bibliotheque/_drang_nach_osten_lexpansion_germanique_en_europe_centrale_et_orientale.asp

კარპატების რუმინეთში, ქალაქ Brassov-ში, ძველ Kronstadt-ში მოგზაური ხედავს ეკლესიებს და დიდი გამაგრებული სოფლის ასპექტს რომლებიც ავლენენ გერმანულ წარმოშობას. ჩრდილოეთით ომით გამოწვეული ნგრევის და საბჭოთა ოკუპაციის მიუხედავად დღევანდელი ლატვიის დედაქალა რიგაში კიდევ არის შუა საუკუნეების გერმანელი ვაჭრების მიერ აგებული ზოგი შენობა.

დღევანდელი ჩეხეთის რესპუბლიკის დედაქალაქი პრაღას ძველი ქალაქი გვახსენებს რომ 1850 წლამდე იქ იმდენადვე ლაპარაკობდნენ გერმანულად რამდენადაც ჩეხურად.

ეს გვიჩვენებს თუ როგორ ატარებდნენ გერმანელები კოლონიზაციის, Ostkolonisation-ის პოლიტიკას გერმანელები ცენტრალური და აღმოსავლეთი ევროპის მრავალ რეგიონში.

Georges Castellan გვიხსნის ამ მნიშვნელოვანი ისტორიული ფაქტის გარემოებებს და დიდ ეტაპებს.

Drang nach Osten და ტევტონელი რაინდები.

ზოგი გერმანელთა Drang nach Osten-ს იწყებს კარლოს დიდიდან რომელმაც გერმანიის აღმოსავლეთი საზღვარი ელბადან, რომელამდეც დიდი შემოსევების დროს მიაღწიეს სლავებმა, ოდერამდე, რომელმაც ოტონ პირველის //936-973// ერთმანეთისგან გამოყო ხალხები. მაგრამ ამ ტერიტორიათა დიდი ნაწილი დაიკარგა ადგილობრივთა აჯანყებების დროს.

გერმანელთა ექსპანსია განახლდა XIe საუკუნის შუა ხანებში : ეს იყო Drang nach Osten.

გერმანელთა და პოლონელთა შორის მცხოვრები სლავი Wendes-ვენდები მაშინ გერმანელებმა მოსპეს ან ასიმილაციით გააგერმანელეს.

XIIe საუკუნეში პოლონური მონარქიის დროებითმა დასუსტებამ შესაძლებელი გახადა გერმანული სასაზღვრო სამხედრო რეგიონების, ბრანდებურგის და მეკლემბურგის შექმნა.

ამ რეგიონების გაქრისტიანება განახლდა მე-11 საუკუნეში წარმართთა აჯანყებების შემდეგ. აღორძინდნენ ბრანდენბურგის, ლიუბეკის, შვერინის საეპისკოპოსოები, გერმანელი გლეხები კი ამუშავებდნენ მიწებს Görlitz-ის Neisse-მდე, თუმცა მათ დატოვეს სლავი ზორაბები რომლებიც დღესაც არიან Bautzen-ის ირგვლივ.

გერმანელები Oder-ს დიდად გასცდნენ პოლონელებისთვის წართმეული აღმოსავლეთი პომერანიით რომელიც მე-14 საუკუნეში გერმანიზებული იქნა.

უფრო სამხრეთით გერმანელი კოლონები დასახლდნენ მონღოლების მიერ აოხრებულ სილეზიაში და უნგრეთის სამეფოში სადაც წმინდა ეტიენის გვირგვინმა მათ განსაკუთრებული უფლებები მისცა.

ბოჰემიამ უკეთესად გაუძლო გერმანელთა ექსპანსიას. მე-13 საუკუნეში მეფე ოტტოკარ მესამემ მასიურად დაასახლა განსაკუთრებით ბავარიიდან და რაინის რეგიონებიდან გამოსული გერმანელები. დაასახლა როგორც მაღაროელები რომელთა მეშვეობითაც უნდა მომხდარიყო ვერცხლის მაღაროების ექსპლუატაცია. მათ მოყვნენ კომერსანტები რომლებმაც ააგეს ისეთი ქალაქები როგორებიცაა Eger თუ Iglau.

მაგრამ ყველაზე შთაmbeჭდავი იყო Vistule -ს და ფინეთის ყურეს შორის არსებული მიწების კოლონიზაცია გერმანელების მიერ. აქ ეხლა არის ბალტიის სახელმწიფოები ესტონეთი, ლატვია, ლიეტუვა. აქ კოლონიზაციას ეწეოდნენ მახვილოსანთა და ტევტონელთა რაინდული ორდენები.

მახვილოსანთა ორდენი საგანგებოდ შეიქმნა 1202 წელს Düna-ს შესართავის კოლონიზაცია-გაქრისტიანების გასაადვილებლად. იქ ბრემენის არქიეპისკოპოსმა 1150 წელს გააგზავნა მისიონერი Meinhardt.

პროგრესი სუსტი იყო, მაგრამ მან შესაძლებელი გახადა ქალაქი რიგას აგება. იქ იყო ეპისკოპოსის საყდარი და მეზღვარების და ჰამბურგის და ლიუბეკის ვაჭართა დიდი ასოციაცია ჰაზას ვაჭრების შეხვედრის ადგილი.

შემდგეგ მცირერიცხოვანმა რაინდებმა დაუძახეს ჯვაროსნებს. მრავალი ჯვაროსანი მიზიდეს ინდულგენციებით, ცოდვების პატიებით.

კოლონიზატორმა გერმანელებმა დღევანდელ ლატვიაში ააგეს მონასტრები და ქალაქები რომლებიც იგერიებდნენ ბალტიელი ავტოქტონი ესტების და ლივების თავდასხმებს.

1237 წელს გაერთიანებული ეს ორდენები შეეჯახნენ დანიელებს და რუსებს.

მათ თავისი ბატონობა დაამყარეს მთელ ტერიტორიაზე ფინეთის ყურემდე. დაპყრობილი ტერიტორიები დაყვეს სამთავროებად მიზათმფლობელი რაინდით სათავეში.

ტევტონთა ორდენი- Deutscher Orden –შეიქმნა 1191 წელს წმინდა მიწაზე. მას ერქვა

” იერუსალიმის წმინდა მარიამის გერმანელი ჰოსპიტალიერი ძმები”. ამ საქველმოქმედმა ასოციაციამ დატოვა პალესტინა.

მას დაუძახა პოლონელმა გრაფმა კონრად მაზოვიელმა რომლის სამფლობელოებსაც თავს ესხმოდნენ ჩრდილოელი მეზობლები, ნემანის და vistule-ს შორის მცხოვრები ბალტიელი ეთნოსის წარმართი პრუსები თუ ბორუსები.

Kulm-ში დამკვიდრებული პოლონელი ეპისკოპოსიც ჩიოდა ამ დამოუკიდებელ ტომებზე.

ორივემ დაუძახა ტევტონ რაინდებს. რომის პაპი დათანხმდა ამ ჯვაროსნული ლაშქრობის პატრონობაზე. ის მოეწყო 1230 წელს.მასში მონაწილეობდა მთელი ქრისტიანული დასავლეთიდან მოსული ხალხი.

ის ძნელი იყო იმიტომ რომ ავტოქტონები წინააღმდეგობას უწევდნენ დამპყრობლებს და ჯანყდებოდნენ მათ წინააღმდეგ.

ქვეყანა დაიპყრეს მარტო 1283 წელს. ქვეყანას მართავდა ორდენის მაგისტრი რომელსაც ეხმარებოდა საბჭო.

ქვეყანაში დამკვიდრდნენ ჯვაროსნები რომლებმაც დაიკავეს დახოცილი ან გაქცეული ბორუსების ადგილი. მათ მოახდინეს ქვეყნის გერმანიზაცია.

ციხე-სიმაგრე-დედაქალა Marienwerder-ს შეუერთდნენ ქალაქები Thorn, Kulm, Elbing, რომლებსაც ურთიერთობა ჰქონდათ ჰანზასთან.

1255 წელს enfin შეიქმნა Königsberg – ”სამეფო მთა” – ამაში წვლილის შემტანი ბოჰემიის მეფის პატივსაცემად.

ორდენის სახელმწიფო Ordenstaat-ის ორგანული კავშირები გერმანულ იმპერიასთან საკმაოდ სუსტი იყო. ტევტონელები ტოტალურად დამოუკიდებლები იყვნენ.

რაც შეეხება სხვა ტერიტორიებს იმპერატორებმა დაანებეს ბრანდებურგის თუ საქსონიის მთავრებს მთელი კოლონიალური წამოწყების კოორდინაცია.

იყო თანხმობა ეკლესიასთან რომლის მაგდებურგის თუ ლაიციგის საეპოსკოპოებმა დიდხანს შეინარჩუნეს მნიშვნელოვანი როლი.

მე-14 საუკუნე იყო ტევტონური ორდენის და Drang nach Osten-ის აპოგეა.

ეს Drang nach Osten ძალიან უყვარდა ჰიტლერს, მაგრამ არ უნდა დაგვავიწყდეს რომ ასევე იყო გერმანელების ექსპანსია სამხრეთისკენ.

ჯერ ავსტრია. ამ ექსპანსიის ფესვების დასადგენად ისევ უნდა გავიხსენოთ კარლოს დიდი.

ბავარიის ბატონმა, ფრანკების მეფემ მან ლაშქრობათა სერია მოაწყო შუა აზიის მომთაბარე ხალხი ავარების წინააღმდეგ. მან ეს ავარები გასრისა და თავისი იმპერია განავრცო Tisza-მდე დღევანდელ უნგრეთში.

დაპყრობილ ტერიტორიაზე მან შექმნა სამხედრო რეგიონები რომლებიც მისმა მემკვიდრეებმა უკან წაიღეს უნგრელების დამკვიდრების დროს.

გერმანიის იმპერატორმა ოტონმა ის აღადგინა, შექმნა სამხედრო რაიონი რომლის გამგებემი მარკგრაფები მე-13 საუკუნემდე იყვნენ ბაბენბერგები. მათ ტერიტორიის კოლონიზაციისთვის დაუძახეს ბავარიელ ოჯახებს.

ამასობაში ეკლესია ზალცბურგის, ფრაიზინგის და პასსაუს ეპისკოპოსებით ხელით იპყრობდა დიდ მამულებს და აგებდა დიდ მონასტრებს Melk და Saint-Polten…

996 ეელს პირველად გაჩნდა სახელი Ostarrichi, რომლის ლათინიზებული ფორმა Austria დღესაც ჟღერს სახელში ავსტრია.

ძველი რომაული ქალაქი Vindobona-ს ნანგრევების ახლოს ააგეს ციხე სიმაგრე რომელიც გადაიქცა ავსტრიის დედაქალაქ ვენად.

რეგიონის კოლონიზაცია მოახდინეს ბავარიიდან და რაინის რეგიონებიდან ჩაყვანილმა გერმანელებმა.

ბაბენბერგები გარდაქმნიდნენ რეგიონს დიდი მონასტრების და გერმანული კულტურის კერა ქალაქების //ზალცბურგი,ლინცი,ინსბრუკი,გრაცი…// აგებით. ეს საქმიანობა გავრცელდა კარინტიის, ჯარნიოლის მეზობელ მხარეებზე. გერმანელები ქალაქელები იყვნენ, დღეს დამოუკიდებელი სლოვენები კი რჩებოდნენ გლეხებად. ტიროლი საგრაფოებად დაყოფილი იყო მე-13 საუკუნემდე.

1246 წელს ბაბენბერგების დინასტია შეწყდა და ამ დიდი ანსამბლის მფლობელები გახდნე ჰაბსბურგები წარმოშობით შვეიცარული არგოვიადან. მათ სამფლობელოები შეინარჩუნეს 1918 წლამდე.

წმინდა იმპერიის იმპერატორებს, მათ გვირგვინი დაადგეს ჯერ რომში და შემდეგ

Aix-la-Chapelle-ში. მათ გააერთიანეს ევროპის გერმანული მოსახლეობის არსებითი ნაწილი.

ამას უნდა დაემატოს ის რომ უნგრეთის მეფემ მე-12 საუკუნის ბოლოს და მე-13 საუკუნეში დაუძახა კოლონებს. მას სჭირდებოდა სამეფოს სამხრეთი საზღვრის დაცვა დანაკლებად დასახლებული რეგიონის დასახლება.

დიდი სიამოვნებით მივიდნენ და დასახლდნენ რაინისპირეთის, ლიუქსემბურგის, ფლანდრიის, საქსონიის გერმანელები. გამარტივებისთვის მათ უძახდნენ საქსებს. დღევანდელ რუმინეთში იყენებენ სახელს სასი.

ისინი დამკვიდრდნენ რეგიონებში Karlsburg (Alba Julia), Hermanstadt (Sibiu), Kronstadt (Brassov), Nösen (Bistrita).

უნგრეთის მეფე André II-მ მათ მისცა სტატუსი lAndreanum – რომელიც ამ გერმანელებს აძლევდა კოლონიზაციის მონოპოლიას. სამეფო ჯარში სამსახურის სანაცვლოდ მათ ეძლეოდათ გრაფის და ადმინისტრატორების არჩევის უფლებას.

ეს კოლონიზატორი გერმანელები იმდენი იყვნენ რომ უნგრეთის შამეფოში შეადგენდნენ მესამე ”ერს” უნგრელების და სიკულების გვერდით.

გერმანული კოლონიზაციის პირველი დიდი ტალღა დამთავრდა მე-14 საუკუნის ბოლოს. რაინსა და ოდერს შორის მდებარე მათი სამშობლო Heimat-იდან წასული გერმანელები გაიფანტნენ ჩრდილოეთით ფინეთის ყურემდე,სამხრეთით თითქმის ადრიატიკამდე, აღმოსავლეთით რუმინეთის კარპატების გულამდე.

მეჩვიდმეტე-მეთვრამეტე საუკუნეების მეორე ტალღა

ნაკლებად მნიშვნელოვანი, ის შეეხო ჰაბსბურგების მონარქიის, პრუსიის და რუსეთის ტერიტორიებს.

ლუთერის რეფორმამ გამოიწვია ავსტრიის მოსახლეობათა ამოძრავება. ტიროლის ანაბაპტისტებმა თავშესაფარი ნახეს მორავიაში რის შემდეგაც ისინი წავიდნენ ჩრდილოეთ ამერიკაში. ლუთერის მიმდევრები წაიდნენ გერმანიის, შვეიცარიის,შვედეთის ქალაქში და შვედეთის ბალტიურ პროვინციებში.

ოსმალთა წინააღმდეგ ომმა გამოიწვია სხვა გადასახლებები.

1683 წელს ვენას ალყის შემდეგ იყო ოსმალური უნგრეთის ხელახალი დაპყრობა და ფრანკონიის,შვაბიის და რაინისპირეთის გლეხებით მთელი რეგიონის ხელახალი კოლონიზაცია.

XVIIIe საუკუნეში იმპერატორმა კარლოს VI-მ მოინდომა უნგრეთის მოსახლეობის გაზრდა იქ გერმანელების დასახლებით. ამ გერანელებმა უნგრეთში შეიტანეს სოფლის მეურნეობის მოწინავე ტექნიკები. 1718 წელს ბანატის საპყრობის შემდეგ ვენამ იქ გააგზავნა გერმანელი ვაჭრები, ხელოსნები და 15 000 გერმანელი გლეხი. ასე შეიქმნა ახალი გერმანული ბირთვი.

იმპერატორმა Marie-Thérèse-მ სამეფო მამულებში დაასახლა 45 000 მეტწილად ბავარიელი გლეხი.

Banat-ში და მეზობელ რეგიონ Batschka-ში მისი მეფობის დროს მთლიანად ბატონობდა გერმანული კულტურა.

იყვნენ უკეთესი მიწების მაძიებელი ინდივიდუალური კოლონებიც.

ვარაუდობენ რომ 1740-1780 წლებში ავსტრიაში დასახლდა 200 000 გერმანელი კოლონი.

Joseph II-მ კი პრივილეგიები დაუდასტურა გალიციაში და ბუკოვინაში დასახლებულ გერმანელ კოლონებს.

პრუსიაში რეფორმას ჰქონდა საოცარი შედეგები.

რაინდთა ორდენის დიდმა მაგისტრმა Albert de Brandebourg-მა 1525 წელს მიიღო ლუთერანობა და მოახდინა სახელმწიფოს სეკულარიზაცია, თვითონ კი გადაიქცა პრუსიის მეფის ჰერცოგად.

რაინდები გადაიქცნენ მიწათმფლობელ ფეოდალებად-იუნკერებად და მათ მიწებს ამუშავებდნენ ყმები რომლებიც 1807 წლიდან გადაიქცნენ პირადად თავისუფალ გლეხებად.

ეს ვითარება გაგრძელდა 1914 წლამდე. ინტერვალში ომების, 1709 წლის შავი ჭირის,პოლონეთის დაყოფათა გამო პრუსიის სუვერენებმა განაახლეს კოლონიზაციის ოპერაციები. მარტო მე-18 საუკუნეში სამეფოში დასახლდა გერმანიიდან მოსული 300 000 კოლონი.

ბალტიის რეგიონებში იყო მსგავსი ევოლუცია. ტევტონელებზე დამოკიდებული ლივონიის ორდენის დიდმა მაგისტრმა მიიღო რეფორმა და მიითვისა მიწა.

რიგას ბოლო მთავარეპისკოპოსმა თავისი კათედრალი 18 000 მარკად მიყიდა ქალაქის საბჭოს. უმთავრესად ბალტი გლეხები ოფიციალურად გახდნენ პროტესტანტები ისევე როგორც მეზღვაურები, ხელოსნები, კომერსანტები რომლებიც თითქმის ყველა ლაპარაკობდა გერმანულად.

მე-16 საუკუნის ომების, განსაკუთრებით ლივონიის ომის //1558-1561// დროს დაიღუპა ბევრი რაინდი. დაიწყეს ახალი რაინდების მიღება დიდი გარჩევის გარეშე. რომის პაპმა დაადგინა რომ ყოველ კატორღელს ეპატიებოდა თუ კი შევიდოდა ორდენში. ბერ რაინდებად იღებდნენ მკვლელებს, ცეცხლის წამკიდებლებს, მევახშეებს. არაა გასაკვირი ორდენის დეკადანსი.

გერმანელი ” ბალტიის ბარონები” ჩადგნენ შვედეთის და შემდეგ რუსეთის იმპერიის სამსახურში.

რუსეთის იმპერიაში იმპერატრიცა ეკატერინე მეორემ 1763 წლის მანიფესტით მოუწოდა გერმანელ კოლონებს მდინარე ვოლგას ქვემო დინების ფაქტიურად დაუსახლებელ ტერიტორიებზე დამკვიდრებისკენ და მათი ათვისებისკენ. გერმანელებიც დასახლდნენ სანკტ პეტერბურგში, ვოლგისპირეთსი, ოემალეთის იმპერიისთვის წართმეულ მიწებზე.

მე-18 საუკუნის ბოლოს 30 000 გერმანელი კოლონი გადაურჩა შიმშილს, ავადმყოფობებს, რაგიონის ყირგიზთა თავდასხმებს.

ალექსანდრე პირველმა კიდევ დაუძახა გერმანელებს და დაასახლა ისინი შავი ზღვის გასწვრივ და ბესარაბიაში. კავკასიის დაპყრობის შემდეგ კი გერმანელები დაასახლეს საქართველოშიც, აზერბაიჯანშიც…გერმანელები რუსეთის იმპერიაში დასახლდნენ მე-19 საუკუნის მეორე ნახევარშიც, ამ იმპერიის ინდუსტრიული განვითარების დრსაც.

რუსეთის იმპერიამ 1721 წლის ნიშტადტის შეთანხმების შედეგად შეიძინა შვედეთის ესტონური პროვინციები ”დღევანდელი ესტონეთის ჩრდილოეთი ნაწილი და ლივონიის ნაწილი // დღევანდელი ლატვიის ცრდილოეთი ნაწილი და სამხრეთი ესტონეთი, ტარტუ, ვილიანდი, პიარნუ.

შვედური ადმინისტრაცია ცდილობდა გერმანელი ელიტების, დიდი გერმანელი მიწათმფლობელების, გერმანული ქალაქური ბურჟუაზიის ძალაუფლების და პრივილეგიების შემცირებას.

რუსეთის იმპერიის მმართველმა გერმანელმა ჰოლშტაინ გოტორპ-რომანოვებმა ბალტიის გერმანელები აღადგინა და დაადასტურა ამ პროვინციების მმართველებად პროვინციული საბჭოების მეშვეობით.

მე-19 საუკუნის ბოლოს გაძლიერდა პანსლავისტური მოძრაობა, ქვეყნის რუსიფიკაციის მიზნით დაიწყეს პოლიტიკური და სოციალური რეფორმების გატარება.

მაგრამ მიუხედავად ამისა გერმანული ელიტების გავლენა დომინანტური რჩებოდა რუსულ ადმინისტრაციაში…

1914 წელს ატყდა პირველი მსოფლიო ომი და 1915 წლიდან გერმანულმა ჯარებმა დაიპყრეს ლიეტუვა და კურლანდია //ლატვია//.

გერმანულმა ჯარმა დაიწყო ოკუპირებული ტერიტორიების არაგერმანულ მოსახლეობათა განდევნა. ბევრი განდევნილი გადასახლდა რუსეთის იმპერიის სიღრმეში. გაჩნდა ლტოლვილების დახმარების ორგანიზაციები.

აქამდე გერმანულ ბატონობასთან მებრძოლმა ეროვნულმა მოძრაობებმა დაიწყეს სრული პოლიტიკური და ეკონომიკური უფლებების მოთხოვნა, მათი კულტურული მეობის გაცხადება// სწავლა ეროვნულ ენაზე,ლატვიური თუ ესტონური ტერიტორიების ერთ ერთეულად გაერთიანება, გარკვეული შინაგანი ავტონომია// ძლიერი რუსეთის იმპერიის პირისპირ მყოფები. ვერ ოცნებობდნენ დამოუკიდებლობაზე.

მაგრამ ბოლშევიკებმა დააქციეს რუსეთის იმპერია და ბალტიელებიც უფრო თამამად ამოქმედნენ.

ლენინის გარჯვების შემდეგ ბალტიის ხელმძღვანელებმა სცადეს მათი უფლებების მოპოვება, მაგრამ 1915 წლიდან გერმანიის მიერ ოკუპირებულები ისინი იძულებულები იყვნენ წასულიყვნენ მოლაპარაკებებზე გარმანიის იმპერიასთან რომელსაც ლენინის მთავრობასთან დადებული ბრესტ-ლიტოვსკის ხელშეკრულების შემდეგ უნდოდა ბალტიის ქვეყნების ანექსია.

ბალტიის რესპუბლიკებმა გამოაცხადეს თავ-თავისი დამოუკიდებლობა რათა მოლაპარაკებაზე წამოეყვანათ გერმანელი იმპერიალისტები.

ბრესტ-ლიტოვსკის ტრაქტატმა მალე დაკარგა მნიშვნელობა.

წითელმა არმიამ ლოკალური ბოლშევიკების დახმარებით სცადა ბალტიის ქვეყნების დაპყრობა. გამოცხადდა საბჭოთა რესპუბლიკები. შემდეგ იყო რუსეთის სამოქალაქო ომი.

ბალტიის სანაპიროებზე ერთმანეთს ხოცავდნენ ბოლშევიკები, დამოუკიდებლობის მომხრე ბალტიელები და გერმანული corps francs რომლებსაც უნდოდათ რეგიონზე გერმანული კონტროლის შენარჩუნება.

1918 წლის ნოემბერში წითელმა არმიამ დაიპყრო ნარვა სადაც ბოლშევიკებმა გამოაცხადეს მშრომელთა კომუნა რომელმაც გასტანა მარტო 6 კვირა.

ლატვიის ჯარებმა პირველებმა გაანთავისუფლეს მათი ეროვნული ტერიტორია 1919 წლის გაზაფხლზე, მაგრან ბრძოლები გაგრძელდა წლის ბოლომდე იმიტომ რომ სანკტ პეტერბურგის პერიფერიიდან მოიწევდა იუდენიჩის ცარისტული ჯარი.

დეკემბერში ბოლშვიკები აკონტროლებდნენ რიგას და მათ გამოაცხადეს ლატვიის საბჭოთა სოციალისტური რესპუბლიკა.

მაგრამ 1919 წლის მაისში ქალაქი აიღეს გერმანულმა corps franc-ებმა ლატვიის ნაწილებთან ერთად თეთრი რუსების პატარა ჯგუფის დახმარებით ლატვიის დანარჩენი ნაწილი საბოლოოდ განთავისუფლდა 1919 წელს. ლატგალია განთავისუფლდა 1920 წლის დასაწყისში პოლონური არმიის დახმარებით.

მაშ, ბალტიის სამმა სახელმწიფომ ათი ტერიტორიების ეფექტური გაკონტროლება შესძლეს 1919-1920 წლების ზამთარში, გერმანული და რუსული საფრთხეების მოშორების შემდეგ.

შემდეგ ბალტიის ქვეყნებმა სამშვიდობო ხელშეკრულებები დადეს საბჭოთა რუსეთთან.

1920 წელს ბალტიის სამმა რესპუბლიკამ მიიღო კონსტიტუციები რომლებიც გულისხმობს საყოველთაო არჩევნებს, მრავალპარტიულობას და საპარლამენტო რეჟიმს პრეზიდენტით.

მაგრამ ბოლშევიკებმა არ აღიარეს ეს დემოკრატიული მთავრობები .

მათ 1924 წლის დეკემბერში ესტონეთში სცადეს სახელმწიფო გადატრიალების მოწყობა. კომუნისტური პარტიები აკრძალეს. მაგრამ კომუნისტები აგრძელებენ საქმიანობას ახალი რადიკალურად მემარცხენე ორგანიზაციების შექმნით თუ სოციალურ-დემოკრატიულ პარტიებში და პროფკავშირებში შეღწევით.

https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/les_pays_baltes_une_terre_disputee.asp

Georges CastellanProfesseur émérite de l’université Paris III
Ancien enseignant de l’Inalco
Docteur honoris causa des universités de Poznan et de Humboldt de Berlin

Tour à tour convoités et dominés par les intérêts allemands des chevaliers Teutoniques, par la Suède, par la Pologne puis par la Russie des tsars, les pays Baltes n’eurent guère le temps de voir émerger leur sentiment national qu’ils se retrouvèrent pris dans la tourmente de deux guerres mondiales et d’une guerre civile, avant d’être absorbés et exploités par l’URSS. Nous avons demandé à Georges Castellan de nous aider à mieux comprendre le destin pour le moins mouvementé de ces trois pays, aujourd’hui indépendants et libres.

Le pays de l’ambre

Géographiquement, les pays Baltes sont, sur la mer Baltique, la façade de la grande plaine de l’Europe du Nord entre la Vistule et le golfe de Saint-Pétersbourg. Ils étendent leurs sols de sables et de sédiments déposés par les glaciers quaternaires, coupés de croupes morainiques, de lacs, de nombreux cours d’eau en une absence quasi complète de relief : le sommet le plus élevé atteint 312 mètres dans la « Suisse livonienne » près de Vilno. Cette région de forêts de conifères et de bouleaux se termine par une côte basse et sablonneuse largement échancrée, le golfe de Riga, fermé par une série d’îles. Le voyageur est frappé par la beauté d’immenses plages au sable presque blanc et par le calme des paysages où dominent les verts des prairies et des arbres.

L’homme y a suivi le recul des grands glaciers quaternaires à partir peut-être du VIIIe millénaire avant notre ère ; au Ve millénaire, arrivent du sud-est des populations venant de l’Oural, tandis qu’au IIIe millénaire les Proto-Baltes indo-européens, venant du bassin du Dniepr, remontent vers le nord. Ces deux souches primitives ont donné naissance, la première aux Estoniens, la seconde aux Lettons et aux Lituaniens. Tous, toutefois, pratiquaient une agriculture primitive liée à l’élevage et à la domestication des abeilles.

Les premiers témoignages dont nous disposons sont dus aux historiens de l’Antiquité. Pline l’Ancien (23-79 après J.-C.) parle d’une « route de l’ambre » partant de Carnutum, à l’est de Vienne, pour atteindre la Baltique. Il raconte que Néron envoya un chevalier romain « au pays du succin » – l’ambre jaune – et que cet homme put rentrer à Rome. L’archéologie a confirmé ce témoignage en permettant de découvrir des monnaies ou des lampes romaines en Courlande et dans la région de Tartu. Poussés vers le nord par les Slaves de la future Russie, les peuples baltes se trouvent au VIIIe siècle de notre ère entre la Vistule et le golfe de Finlande, c’est-à-dire dans la région qu’ils occupent de nos jours.

La mainmise des chevaliers Teutoniques

Colonisés par les Vikings scandinaves qui découvrirent au IXe siècle la route de Constantinople, ils entrèrent en contact avec les princes ukrainiens de Kiev qui introduisirent chez eux des missionnaires byzantins. Mais c’est d’Allemagne que vinrent le christianisme et la civilisation. En 1159, les marchands de Brême fondèrent deux postes de commerce à l’embouchure de la Dvina, tandis qu’un chanoine du Holstein, Meinhard, vint y prêcher l’Évangile. Un demi-siècle plus tard, un de ses disciples créa à Rome un ordre militaire semblable aux Templiers, les Fratres militiae Christi – appelés chevaliers Porte-Glaive par référence à leur manteau blanc à croix rouge, dont l’objectif était de christianiser et de coloniser le pays. L’empereur germanique en fit un fief de son Empire. Mais les Danois intervinrent et l’Ordre, battu, dut fusionner avec un autre ordre, celui des chevaliers Teutoniques, fondé à Brême et Lübeck à la veille de la troisième croisade. Ces derniers créèrent l’hôpital de Saint-Jean d’Acre. Après la perte des États des croisés, ils répondirent à l’appel du duc polonais de Mazovie en 1226 pour venir lutter contre les Prussiens et les Lituaniens qui menaçaient ses États. L’empereur Frédéric II leur donna tout le pays de Prusse comme fief impérial et, entre 1230 et 1233, ils entreprirent une conquête très brutale du pays. Ils imposèrent le christianisme par l’épée et créèrent des villes comme Marienburg, Malborg, leur capitale, ou Königsberg. Leur État monastico-militaire était dirigé par un Grand Maître élu à vie par les quelques centaines de chevaliers qui se trouvaient à la tête de bailliages, possédaient les terres et tenaient les paysans en servage. L’origine de ses chevaliers et de la plus grande partie de la population, établie sur les terres des indigènes tués lors de la conquête, en fit un Ordre fondamentalement allemand. L’Ordenstaat subsista jusqu’au XVIe siècle.

Quatre siècles de dominations étrangères

Au nord, entre Memel et la Narva, la Livonie était partagée entre les chevaliers Teutoniques et l’archevêque de Riga ; le pays fut envahi successivement par les Suédois et les princes russes de Moscou. En 1510, le Grand Maître Albert de Brandebourg, en lutte contre la Pologne, rencontra à Wittenberg le réformateur Luther qui lui conseilla de transformer l’Ordenstaat en un duché séculier. Albert de Brandebourg devint ainsi duc de Prusse, tandis que Königsberg était le centre de la religion nouvelle. La branche livonienne de l’Ordre suivit peu après et forma un autre duché héréditaire. La région était désormais divisée en trois duchés : celui de Prusse, celui de Livonie et celui de Lituanie. Ce dernier, resté païen, avait conservé des souverains nationaux jusqu’à ce que le duc Iogailas – que nous appelons Jagellon – épouse en 1385 la reine de Pologne Hedwige ; les deux États fusionnèrent, formant la République polono-lituanienne qui dura jusqu’en 1795. Pendant près de quatre siècles, les peuples baltes connurent des dominations étrangères, suédoise, polonaise puis russe. Les Russes, par la paix de Nystad en 1721, annexèrent l’Estonie et la Livonie, tandis que le duché de Prusse uni au Brandebourg devenait en 1713 un royaume dont Frédéric II fit une puissance européenne.

La russification et la naissance du sentiment national

Sous l’autorité du tsar, Estoniens, Livoniens ou Lettons et Lituaniens, arrachés à la Pologne lors des partages de ce pays en 1792, 1793, 1795, connurent une évolution parallèle à celle des Russes. Ils connurent une période de relatif libéralisme sous Alexandre Ier avec l’assouplissement du servage de 1816 à 1819. Nicolas Ier, en réaction, persécuta la noblesse polonaise établie dans ces régions, tandis que s’établissait une collaboration avec les grands propriétaires, ces « barons baltes » descendants des anciens chevaliers, qui entrèrent largement au service du pouvoir dans l’armée et l’administration. Alexandre III abolit le servage dans les pays lituaniens en 1861 afin de couper l’herbe sous les pieds des Polonais révoltés en 1863, mais il pratiqua une politique de russification qui dura jusqu’à la première révolution russe de 1905.

Notons toutefois qu’en dépit – ou à cause – de cette répression, des intellectuels influencés par le philosophe allemand Herder s’étaient ralliés à l’idée d’une culture spécifique à chaque peuple. Ils se tournèrent vers l’étude de la langue et du folklore. Dès le début du XIXe siècle, des grammairiens avaient fixé les caractères de base de l’estonien, tandis que s’organisait une presse ouverte aux problèmes sociaux et politiques. Un véritable mouvement littéraire s’organisa autour du Letton K. Voldemaras (1825-1891) et recueillit trente-cinq mille chansons populaires – les dainas – publiées à Saint-Pétersbourg. Du côté lituanien, c’est en 1879 à Königsberg, en Prusse orientale allemande, que l’on vit paraître le premier journal en langue populaire ; le médecin Jonas Basanavicius (1851-1927), considéré comme un grand patriote, fut à l’origine d’une presse nationale.

Il existait donc un sentiment national dont les objectifs n’étaient pas très clairs quand les Baltes furent entraînés dans la première guerre mondiale.

D’occupations en annexions, une indépendance chèrement acquise

En pays lituanien occupé par leurs armées, les Allemands permirent la réunion d’une assemblée, la Taryba ; celle-ci proclama l’indépendance en janvier 1918, mais le roi catholique ne régna jamais. La Russie bolchevique, par le traité de Brest-Litovsk signé en mars 1918, abandonnait les pays Baltes à l’armée allemande ; si l’armistice du 11 novembre 1918 prévoyait l’évacuation, les Alliés permirent toutefois à ces troupes, commandées par le comte von der Goltz, de rester sur place pour résister aux bolcheviks. Ce fut l’origine d’une guerre civile à laquelle participèrent des soldats des armées nationales improvisées, des volontaires allemands, des éléments bolchevisés, des Russes blancs, l’armée polonaise. Finalement, par le traité de Riga du 11 août 1920 signé par les Polonais, la Russie bolchevique reconnaissait l’indépendance de la Lituanie et de la Lettonie, tandis que l’Estonie obtenait la même chose du traité de Tartu. Membres de la SDN, les trois États baltiques accédaient pour la première fois à l’indépendance internationale.

Entre les deux guerres, leur histoire fut marquée par des réformes profondes – réforme agraire, loi des minorités – mais, après une courte période parlementaire, les trois pays évoluèrent vers une république autoritaire avec Päts en Estonie, Ulmanis en Lettonie, Voldemaras en Lituanie. Le pacte germano-soviétique d’août 1939 mit une fin tragique à cette période d’indépendance. Annexées par l’URSS qui les transforma en Républiques soviétiques, réoccupées par les Allemands lors de leur attaque contre l’URSS en 1941, elles furent de nouveau absorbées par Moscou qui déporta une grande partie de leurs populations et exploita systématiquement leurs économies, y créant d’ailleurs une importante industrie lourde.

L’année 1991 marqua la fin du calvaire : les pays Baltes étaient indépendants et libres et devenaient membres de l’ONU.

 Les deux guerres mondiales du XXe siècle, ou le recul d’un grand phénomène historique

La Grande Guerre, avec l’avance des armées allemandes en Russie puis leur recule s’élevait, dans les nouvelles frontières du pays, en 1923, à un million d’habitants environ. La Russie bolchevique fut obligée de reconnaître en 1920 l’indépendance des États baltes d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, dont les structures féodales maintenues jusque-là laissaient la part belle aux barons baltes. Les nouveaux États décrétèrent des réformes agraires, si bien que les grands propriétaires cherchèrent refuge en Allemagne ; s’ajoutèrent à eux de nombreux intellectuels, commerçants et artisans : au total plus de quatre cent mille individus. Des régions de la Volga, de nombreux colons partirent également, par suite de la collectivisation des terres ; de sept cent cinquante mille en 1914, ils étaient seulement quatre cent cinquante mille pour constituer la République soviétique de la Volga.

La seconde guerre mondiale porta à l’Ostkolonisation un coup mortel. D’abord, le traité Hitler-Staline de 1939 se traduisit par le « rapatriement » de quelque cent vingt mille Allemands des trois pays Baltes, de cent soixante-dix mille des territoires polonais annexés par l’URSS, tandis que la Bucovine et la Bessarabie roumaines fournissaient cent quarante mille rapatriés. Au total, la politique du IIIe Reich se solda par le retour d’environ quatre cent cinquante mille Volksdeutsche. Par suite de l’avancée de la Wehrmacht, trois cent cinquante mille Allemands arrivèrent d’Ukraine et de Crimée, soixante mille du Caucase. Mais ce sont la capitulation de 1945 et les traités qui suivirent qui furent fatals au grand rêve du Lebensraum – « l’espace vital ». Les accords de Potsdam prévoyaient de redoutables échanges de population. La cession à la Pologne de la moitié de la Prusse orientale, de la Poméranie orientale, du Brandebourg oriental s’est traduite par l’arrivée en Allemagne fédérale de quatre millions cinq cent mille habitants de ces provinces colonisées depuis le XIIe siècle. La Tchécoslovaquie reconstituée de Benes avait obtenu l’expulsion de ses Sudètes – les Allemands du pourtour de la Bohême – évalués à un million neuf cent mille. Le gouvernement yougoslave de Tito chassa les quelque quatre cent mille Allemands dont les ancêtres avaient colonisé autrefois la Vojvodine. La Hongrie dominée par les communistes expulsa la moitié de sa population allemande, évaluée à cinq cent mille individus en 1941, qui se réfugia dans les deux États allemands. En Roumanie, par ordre des Soviétiques, les Saxons de Transylvanie et les Souabes du Banat furent presque tous déportés dans les mines de charbon du Donbass, puis les survivants rapatriés en Roumanie.

 Au total, treize à quatorze millions d’héritiers de l’Ostkolonisation arrivèrent dans les deux États allemands, RFA et RDA. Leurs fils ou petits-fils vivent maintenant dans l’Allemagne réunifiée et en Autriche, tandis qu’un million environ de leurs frères est resté en Pologne, en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie, dans des situations diverses et en général assez difficiles. Ils y représentent une culture fière de ses origines et de son passé, s’exprimant par des parlers de type germanique, des journaux et des livres en allemand, des chansons aussi et une musique qui parfois se réfère à un passé très lointain. L’Ostkolonisation a été et demeure une des composantes de l’Europe d’aujourd’hui.Georges CastellanFévrier 2002Copyright Clio 2021 – Tous droits réservés 

Le racisme de Hitler valorise la pureté de la race. Le futur chef du IIIe Reich affirme dans Mein Kampf que les races sont fondamentalement inégales parce que la vie est un combat où les forts sont voués à soumettre les faibles. Dans son idéologie, les Allemands sont les héritiers d’une « race des seigneurs » dont le destin est de dominer les races inférieures sans compromettre sa pureté.

En Allemagne de 1933 à 1945, le Troisième Reich applique une politique raciste. Elle vise à éliminer des Allemands qui bien que de « race aryenne » sont considérés comme indignes de vivre dans l’« Allemagne nouvelle » que les nazis souhaitent créer. Surtout elle persécute les Allemands de religion juive (que les nazis considèrent comme les pires ennemis des Aryens) et va à partir de 1939 organiser leur extermination en faisant plusieurs millions de victimes : c’est la Shoah.

Le racisme de Hitler condamne des races inférieures. Il repose plus précisément sur une classification des races en fonction de la pureté de leur sang : les peuples blancs d’origine allemande ou anglo-saxonne (Anglais, Scandinaves, Flamands, etc.) sont en dessous des Aryens ; en tant que métis, les peuples méditerranéens (français, italiens, espagnols, etc.) leur sont inférieurs ; les Asiatiques, les Noires et les Slaves sont méprisés en tant que sous-hommes ; enfin, les Juifs et les Tziganes sont des parasites que la race supérieure doit exterminer. Le racisme de Hitler se focalise tout particulièrement sur le peuple juif comme adversaire des Aryens – les deux peuples auraient un projet de domination mondiale. S’il reconnaît aux Juifs certaines facultés intellectuelles, il explique leur infériorité à la fois par le fait qu’ils auraient tout emprunté aux civilisations où ils ont vécu, et par leur prétendue incapacité à se sacrifier pour un intérêt supérieur. Ils ne sont pas de vrais nomades, car ils s’épanouissent en parasitant les nations (ils sont des « destructeurs de culture »). Dans son délire, Hitler leur reproche même par exemple « d’avoir intentionnellement amené les Nègres en Rhénanie, afin de détruire la race blanche détestée par l’abâtardissement » (Mein Kampf). Pour le fondateur du nazisme, les philosophies progressistes, le socialisme, la révolution russe de 1917 ou encore la création d’un État national en Palestine sont autant de manifestations disparates du complot juif pour asservir l’humanité.

http://sens-public.org/articles/857/

Nazisme et guerre totale : entre mécanique et mystique

La guerre à l’Est : gigantomachie raciale et guerre idéologique totale

Toutes ces notions sont liées : la mobilisation totale et l’État total pensés par les mentors de la révolution conservatrice 39 trouvent leur réalisation dans le totalitarisme. Il n’est donc nullement étonnant que ces penseurs se soient ralliés à la « révolution » nationale-socialiste. Schmitt devient un temps le juriste officiel du régime, tandis que Forsthoff applaudit et que Jünger et Ludendorff saluent ce renouveau national allemand.

L’État totalitaire nazi comble tous les vœux des penseurs de l’État total. Le nazisme veut organiser une société sans classes, une communauté nationale organique, unie sous la bannière à croix gammée du parti unique devenu parti-État. L’État national-socialiste satisfait aux critères quantitatifs et qualitatifs définis par Carl Schmitt. Quantitativement, la sphère de compétence de l’État s’étend partout, du berceau à la tombe. L’État investit tous les domaines de la culture, de l’éducation, des loisirs, du travail, de l’économie. Qualitativement, l’État est tout entier un et fort, bandé et ramassé, tendu vers l’objectif ultime de la guerre.

Le nazisme veut ouvertement la guerre, Hitler l’avait explicitement affirmé dans Mein Kampf. Cette guerre sera d’abord une guerre à l’ouest, pour solder de vieux comptes avec l’ennemi héréditaire, la France. Mais ce front ouest, malgré son importance, malgré la popularité qu’il lui apporte, est secondaire pour Hitler. La vraie guerre, c’est la guerre raciale et coloniale, à l’Est. Désireux de ménager de nouveaux champs d’épanouissement à la race nordique-germanique et aux 260 millions d’Allemands qu’il appelait de ses vœux 40 , Hitler veut conquérir un espace vital à l’Est, et marcher ainsi sur les traces des chevaliers Teutoniques et des Porte-Glaives, qui avaient entamé la colonisation de la Pologne et de la Russie dans leur Drang nach Osten médiéval. Symboliquement, l’attaque contre l’URSS est baptisée Opération Barbarossa, du nom de l’empereur médiéval Frédéric Barberousse dont le réveil, disait-on, marquerait le retour de la puissance germanique 41 .

Hitler s’est d’abord ménagé la neutralité de Staline par le pacte germano-soviétique du 23 août 1939, pour ne pas être pris en étau 42 sur deux fronts. Son compte réglé à la France, Hitler informe ses généraux, dès le 31 juillet 1940, de son but ultime : la construction d’un espace vital à l’Est par la destruction du bolchevisme et l’extermination des slaves. Il retourne sa machine de guerre contre l’Est, et déplace ses troupes sur de larges autoroutes Ouest-Est construites à dessein depuis huit ans. Un an plus tard, le 22 juin 1941, le lendemain du solstice, Hitler, sans déclaration de guerre 43 , lance trois millions d’hommes contre l’URSS. Cette guerre ne ressemblera à aucune autre. La race nordique doit se libérer de la menace juive et des hordes de sous-hommes slaves que celle-ci emploie : cette guerre sera donc une guerre d’extermination, comme il l’expose à ses généraux le 31 mars 1941. Le 15 juin 1941, lors d’une réunion préparatoire, Himmler, Reichsführer des SS, présente la première version de son Plan Est (Generalplan Ost), qui prévoit la disparition, à moyen terme, de 31 millions de slaves, pour libérer des terres ainsi offertes à la colonisation germanique : trois millions d’Allemands « reichsdeutsch » doivent être implantés sur le front pionnier est.

Le déplacement, la stérilisation des slaves et l’extermination de leurs patrons juifs doivent permettre l’expansion de l’espace vital de la race allemande.

La guerre à l’Est est un massacre, un combat inexpiable et exterminateur. La Wehrmacht ne respecte aucune convention de guerre 44 . Elle ne prévoit ni baraquement, ni ravitaillement pour les prisonniers de guerre soviétiques : parqués dans des enclos sans toit, les prisonniers meurent d’inanition, de chaleur ou de froid. Déportés en Allemagne pour faire tourner la machine de guerre industrielle, ils sont à peine nourris et soumis à un traitement inhumain, sans commune mesure avec le sort des travailleurs forcés occidentaux, français, belges et italiens. Sur cinq millions de prisonniers soviétiques, 3,3 millions meurent de 1941 à 1945 45 .

La SS organise méticuleusement l’extermination des Juifs soviétiques. Himmler et Heydrich créent quatre unités mobiles spéciales, les groupes d’intervention, ou Einsatzgruppen, composés de policiers allemands mobilisés par conscription et de soldats de la Waffen-SS et commandés par des généraux SS. Les quatre Einsatzgruppen A, B, C, D doivent ratisser le territoire soviétique en progressant parallèlement à la suite des arrière-garde de la Wehrmacht. Leur mission est de liquider les cadres communistes puis, à partir de l’automne 1941, d’exterminer systématiquement les populations juives 46 . De 1941 à 1944, les 3 000 hommes des Einsatzgruppen font plus d’un million de victimes 47 . Cette extermination itinérante se fait de manière rudimentaire, par exécutions au bord d’un ravin ou d’un fossé antichar, une extermination sauvage, pendant que se planifie et s’organise l’extermination industrielle de masse, dans les camps 48 .

Il fallait rappeler ces éléments pour restituer le contexte de la proclamation de la guerre totale en 1943.

L’affrontement avec l’URSS est en effet présenté et vécu par les nazis comme l’épisode final d’une gigantomachie raciale qui traverse l’histoire depuis des siècles, un combat de Titans qui oppose la race aryenne à son ennemi juif et à ses séides, recrutés dans une sous-humanité asiatique. Le bolchevisme est la manifestation contemporaine du complot juif contre l’humanité supérieure. Il vise à abattre le Reich, comme, jadis, le christianisme juif a provoqué l’effondrement de l’empire romain nordique. Le face-à-face frontal des deux pavillons du Reich et de l’URSS, lors de l’exposition universelle de 1937, cette confrontation du groupe de l’ouvrier et de la kolkhozienne, et de l’Hoheitsadlernazi sur le Trocadéro, ne faisait que préfigurer cette guerre raciale qui était inscrite dans le programme nazi.

Pour Hitler, la guerre à l’Est contre le colosse soviétique est bel et bien « la plus grande bataille de l’histoire du monde » 49 . L’heure de la décision a sonné.

L’annonce par la radio allemande de la défaite de Stalingrad est donc un choc sinistre, de mauvais augure. C’est la première fois que la Wehrmacht est vaincue, et qui plus est, dans une ville dont Hitler voulait faire un symbole de victoire, car elle portait le nom de Staline. Hitler avait refusé à von Paulus, encerclé, de capituler. Il fallait tenir la position jusqu’au bout. Le 2 février 1943, la VIème armée est décimée : 200 000 morts, 50 000 survivants faits prisonniers, dont une poignée seulement reviendra vivante des camps soviétiques.

Le Reich réagit alors par la proclamation de la guerre totale, par la bouche de son ministre de la propagande, Joseph Goebbels. La guerre totale sera proclamée une seconde fois, cinq jours après l’attentat manqué contre Hitler, le 25 juillet 1944 50 . Goebbels sera alors nommé « Generalbevollmächtigter zum Totalen Kriegseinsatz », Commissaire général plénipotentiaire pour l’engagement dans la guerre totale.

ლევ ტროცკის ”ღვაწლი”

Ce que Léon Trotsky a réalisé

https://www.adamsmith.org/blog/what-leon-trotsky-achieved- რა ქნა ტროცკიმ

Madsen Pixie ის იო რსეთში ოლშევიკური რევოლუციის ერთ-ერთი ხელმძღვანელი. მენშევიკური დემოკრატიული ” ბურჟუაზიული” თებერვლის რევოლუციისგან განსხვავებით ის ამას თვლიდა პერმანენტულ პროლეტარულ რევოლუციად.

თავიდან ტროცკიც მენშევიკი იყო. ის ლენინის თანამებრძოლი გახდა სულ ცოტა ხნით ადრე ბოლშევიკურ რევოლუციამდე.

ლევ ტროცკიმ მთავარი როლი შეასრულა კომუნისტური ტოტალიტარული რეჟიმის დამყარებაში. თავიდან საგარეო საქმეთა კომისარმა ლევ ტროცკიმ ხელი მოაწერა გერმანიასთან სამშვიდობო გარიგებას.

შემდეგ მან როგორც საზღვაო და სამხედრო საქმეთა კომისარმა შექმნა ირგვლივ ყველაფრის მნგრეველი წითელი არმია.

ლევ ტროცკი იყო ტოტალურად ულმობელ-დაუნდობელი.

ლევ ტროცკიმ და ფელიქს ძერჟინსკიმ გააჩაღეს წითელი ტერორი რომლის მიზანიც იყო ”იდეოლოგიურად უწმინდური ელემენტების” გაწყვეტა და მოსპობა. ლევ ტროცკიმ დაიწყო საკონცენტრაციო ბანაკების შენება. ის გაუსამართლებლად ხოცავდა ლენინის მიერ მავნე პარაზიტებად გამოცხადებულ ადამიანება.

ის ფიქრობდა რომ შემწყნარებლობა მოსპobდა რევოლუციას და რომ მესაკუთრე კლასები ტოტალურად მოსასპობები იყვნენ.

მან წამოიწყო პროფკავშირების კონტროლი სახელმწიფოს მიერ და ყველა დამოუკიდებელი ორგანიზაციის კონტროლი ბოლშევიკური პარტიის მიერ. კონტროლი ტოტალური უნდა ყოფილიყო. ესაა ტოტალიტარიზმი, ტოტალიტარული სახელმწიფო.

მას უნდოდა საერთაშორისო, გლობალური რევოლუცია და არა უბრალოდ

” სოციალიზმი ერთადერთ ქვეყანაში”.

ლენინის გარდაცვალების შემდეგ ბევრი ფიქრობდა რომ ლევ ტროცკი იქნებოდა ლენინის მემკვიდრე. ასე ფიქრობდა თვითონ ტროცკიც.

მაგრამ მას აჯობა ამიერიდან ცენტრალური კომიტეტის გენერალურმა მდივანმა სტალინმა.

თავხედ ტროცკის ცოტა ამხანაგი თუ ჰყავდა. ის პარტიიდან გააგდეს 1927 წელს,1929 წელს კი ჯერ ყაზახეთში გააძევეს და შემდეგ თურქეთში. საბჭოთა კავშირში დარჩენილი მისი ყველა მომხრე სიკვდილით დასაჯეს 1936-38 წლებში.

თვითონ ტროცკი უცხოეთშიც განაგრძობდა სტალინის წინააღმდეგ წერას, მის გმობას. ის ამობდა რომ საბჭოთა კავშირი არის ანტიდემოკრატიული ბიუროკრატია, გადაგვარებული მუშათა სახელმწიფო. ის 11 წლის მანძილზე ცხოვრობდა ჯერ თურქეთში და შემდეგ საფრანგეთში და ნორვეგიაში. ის ყველგაბ გამოაცხადეს პერსონა ნონ გრატად, არასასურველ პრად და ბოლოს ისდამკვიდრდა მექსიკაში. ითავრებდა სტალინის ბიოგრაფიის წერას როდესაც მას წერაქვით თავი გაუხეთქა სტალინის აგენტმა.

ლევ ტროცკის შემდეგდროინდელი მიმდევრები, ტროცკისტები ამბობენ რომ ის მოაწყობდა ჭეშმარიტად სოციალისტურ რევოლუციას მუშათა რეჟიმით და უკლასო საზოგადოებით.

მაგრამ ტოტალიტარიზმის შემქმნელი მხეცის კრავად და ანგელოზად გადაქცევის წარმოდგენა სულ მცირე ძნელია.

მას ჰქონდა მეგალომანი მკვლელი მანიაკის ნიშნები და თვისებები.

ადამიანების ხანა მთავრდება

სუპერკლასი ადამიანის უფლებებზე ყვირილით ამთავრებს ადამიანთა ხანას.

James Ephraim Lovelock,დაიბადა 1919 წლის 26 ივლისს  Letchworth Garden City , ინგლისში.ისაა ბრიტანელი დამოუკიდებელი მოაზროვნე, მეცნიერ, ბუნებრივი გარემოს მკვლევარი, ატმოსფეროს მეცნიერებათა სპეციალისტი. ის ეხლა ცხოვრობს Cornouailles-ს საგრაფოში, დიდ ბრიტანეთში.

მალე კიბორგები შეცვლიან ადამიანებს, ისინი დაიკავებენ ადამიანთა ადგილს და გარდაქმნიან სამყაროს, ამბობს James Lovelock. ადამიანთა ბატონობას ეღება ბოლო.

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https://www.nbcnews.com/mach/science/cyborgs-will-replace-humans-remake-world-james-lovelock-says-ncna1041616

Illustration de robots et humains marchant ensemble dans une ville futuriste.

 Tim Peacock / pour NBC News25 août 2019 à 10 h 03 UTC  /  Mise à jour   le 29 août 2019 à 14 h 02 UTCPar Corey S. Powell

ათობით ათასი წლის მანძილზე ადამიანი დედამიწაზე ბატონობდა როგორც ერთადერთი გონიერი და საკუთარი თავის მცოდნე არსება.

მაგრამ იგივე ადამიანმა გააკეთა გონიერი მანქანები და მათი გაძლიერება და გავრცელება ნიშნავს იმას რომ მალე, შეიძლება ჩვენს ცხოვრებაშიც, ამ ნაკეთობებმა შეიძლება ადამიანი სულ გააქრონ დედამიწიდან.

ეს შოკისმომგვრელი განცხადება James Lovelock-მა გააკეთა წიგნში «Novacene».

«Les intelligents de l’avenir ne seront pas des humains mais ce que j’ai choisi d’appeler des« cyborgs »qui se seront conçus et construits.» James Lovelock Sandy Lovelock

Lovelock décrit les cyborgs comme les descendants autonomes et conscients d’eux-mêmes des robots et des systèmes d’intelligence artificielle d’aujourd’hui . Il appelle l’ère imminente de leur domination le Novacène – littéralement, la «nouvelle nouvelle» ère.

De nos jours, les Luddites modernes ne manquent pas pour avertir que la technologie va bientôt nous submerger. Mais les prédictions audacieuses de Lovelock se démarquent. Contrairement aux technosceptiques, y compris l’informaticien Roman Yampolskiy de l’Université de Louisville, Lovelock pense qu’il est peu probable que nos machines se retournent contre nous , à la manière de Terminator. Et contrairement aux utopistes comme le futuriste Ray Kurzweil, il n’envisage pas les humains et les machines fusionner avec bonheur dans une union que certains appellent la singularité.

Au contraire, Lovelock voit l’essor de la technologie à travers une lentille évolutive, conformément à ses décennies de recherche et de réflexion sur les systèmes écologiques et biologiques. Il apporte également la perspective unique d’un scientifique qui vient de fêter son 100e anniversaire, avec une profonde conscience de l’évolution des modes scientifiques et n’ayant plus rien à prouver. C’est une perspective qui le pousse à des conclusions à la fois optimistes et profondément inquiétantes.La fin commence déjà

Les premières étapes du Novacene sont déjà en cours, soutient Lovelock. Il cite l’ exemple d’AlphaZero , un programme informatique qui a appris à jouer au jeu Go – et qui est ensuite rapidement devenu le meilleur joueur de Go au monde. Les ordinateurs d’aujourd’hui peuvent déjà traiter les données beaucoup plus rapidement que nous ne le pouvons; avec une intelligence artificielle totalement indépendante, dit-il, les cyborgs de demain deviendront facilement un million de fois plus intelligents que nous.

Lovelock imagine des cyborgs remplissant toutes les niches évolutives de la planète. «Je considère les cyborgs comme un autre royaume de vie», dit-il. «Ils nous soutiendront de la même manière que nous-mêmes, en tant que royaume d’animaux, nous défendons les plantes.»

À quoi ressembleraient les cyborgs? Lovelock est intentionnellement vague, car il s’attend à ce qu’ils repensent les règles de base du design d’une manière que nous, les petits humains, ne pouvons pas imaginer. «Les cyborgs recommenceraient; comme Alpha Zero, ils partiraient d’une ardoise vierge », écrit-il dans son livre. Il émet l’hypothèse qu’elles pourraient ressembler à des sphères, mais lorsqu’il est pressé, il dit: «Il est tout à fait possible qu’ils n’aient aucune forme du tout», existant principalement sous forme de formes virtuelles à l’intérieur des ordinateurs.

Quelle que soit leur forme, les cyborgs seront tellement au-delà de nous dans l’intellect qu’ils pourraient nous rejeter comme faisant partie du paysage d’arrière-plan de la planète. Alternativement, ils pourraient nous apprécier de la même manière que nous apprécions les plantes. Cette possibilité plaît à Lovelock, qui aime passer des jours dans le jardin autour de sa maison de campagne dans le Dorset, en Angleterre. «Pensez à la façon dont vous vous rendez dans un grand arboretum», dit-il.

Une fois établis, les cyborgs resteront dominants sur notre planète. «Le Novacène», dit Lovelock, «sera probablement la dernière ère de la vie sur Terre.»Chemin vers le Novacène

Ce n’est pas la première fois que Lovelock secoue le monde scientifique avec un gros argument controversé. Sa nouvelle idée d’une prise de contrôle imminente d’un cyborg s’appuie sur une idée générale qui l’a rendu célèbre à l’origine, la soi-disant hypothèse de Gaia que lui et la biologiste Lynn Margulis ont développée en 1974.

Dans la vision de Gaia, notre planète se comporte comme un organisme unique et autorégulé. Au cours des quatre milliards d’années écoulées depuis l’aube de la vie, les processus biologiques ont régulièrement modifié l’atmosphère, la terre et les océans pour maintenir la Terre habitable. Le soleil est devenu plus brillant, des volcans ont éclaté, des astéroïdes ont frappé, et pourtant notre planète a constamment maintenu les bonnes conditions pour la chimie de l’eau liquide et du carbone: les éléments essentiels de la vie.

Au départ, de nombreux chercheurs avaient une mauvaise opinion de l’hypothèse de Gaia. Mais ces dernières années, c’est devenu respectable.

«Le concept de Gaia est tout à fait essentiel pour notre compréhension croissante de la vie dans l’univers», déclare David Grinspoon, astrobiologiste au Planetary Science Institute de Tucson, en Arizona. Paul Davies, physicien à l’Arizona State University à Tempe, appelle Gaia «un concept utile pour souligner comment les cycles biologiques et géologiques sont couplés».

Les sceptiques sont de retour concernant les derniers pronostics de Lovelock. «Personne ne sait comment cela se déroulera, car nous ne savons pas comment le cerveau fonctionne ou ce qu’est la conscience», dit Grinspoon. «Et les prédictions spécifiques sur l’intelligence artificielle et son impact futur semblent dépendre de réponses spécifiques, non testées et non vérifiées à ces grandes questions.»

Mais Lovelock pense que des avancées comme AlphaZero signifient que nous n’avons pas à regarder vers un avenir lointain pour voir comment l’histoire se déroulera. «L’étape cruciale à l’origine du Novacene a été, je pense, la nécessité d’utiliser des ordinateurs pour concevoir et fabriquer eux-mêmes», écrit-il. “Il semble maintenant probable qu’une nouvelle forme de vie intelligente émergera d’un précurseur artificiellement intelligent fabriqué par l’un de nous, peut-être de quelque chose comme AlphaZero.”Vivre à l’ère des cyborgs

Une fois que nous nous sommes habitués à être traités comme des plantes d’intérieur, les débuts du Novacene pourraient ne pas être si mauvais. D’une part, dit Lovelock, les cyborgs et les humains auront un intérêt commun à protéger la Terre du changement climatique, car ni nous ni eux ne peuvent tolérer des températures supérieures à environ 50 degrés Celsius (122 Fahrenheit).

Si les humains ne parviennent pas à trouver des moyens d’atténuer les effets du réchauffement climatique, les cyborgs devront le faire. «Ils apporteront, bien sûr, quelque chose de nouveau au parti, probablement dans le domaine de la géo – ingénierie – des projets à grande échelle pour protéger ou modifier l’environnement. De tels projets s’inscriront bien dans la capacité de la vie électronique », écrit Lovelock. Par exemple, les cyborgs peuvent couvrir de grandes zones de la surface de la Terre avec des miroirs pour réduire la quantité de chaleur solaire absorbée.

Que feront les humains de leurs seigneurs robotiques? «Je ne peux pas imaginer», dit Lovelock. «Ça doit être un peu comme un chien essayant de comprendre un génie.»

En Rapport

LA SCIENCE

La NASA s’est dirigée vers le monde océanique qui pourrait abriter une vie extraterrestre

Ils n’auront pas longtemps à se demander. Au fur et à mesure que le Novacène progresse, les cyborgs pourraient décider de refaire l’écosystème terrestre. Sans avoir besoin d’oxygène ou d’eau, ils pourraient créer un nouveau monde meilleur pour eux mais mortel pour nous. Par exemple, ils pourraient remplacer la vie à base de carbone par des équivalents silicium: des centrales photovoltaïques qui produisent de l’électricité ou des arbres qui portent des batteries au lieu de fruits.

Les plantes vertes étant largement ou totalement éliminées, les niveaux d’oxygène chuteraient et le ciel passerait d’un bleu riche à un brun tiède. «Finalement, Gaia organique mourra probablement», écrit Lovelock. «Mais tout comme nous ne pleurons pas le décès de notre espèce ancestrale, je suppose que les cyborgs ne seront pas non plus frappés par le chagrin du décès des humains.»

Étant donné leur domination totale sur la Terre, les cyborgs deviendraient les derniers habitants de notre planète. Lovelock pense que le Novacène pourrait durer environ un milliard d’années, jusqu’à ce que la chaleur croissante du soleil rende la Terre insupportable, même pour la vie synthétique. À ce stade, les cyborgs pourraient migrer vers un autre monde.

Peut-être qu’ils finiront peut-être par entrer en contact avec des cyborgs d’autres planètes également. Seth Shostak, astronome à l’Institut SETI de Mountain View, en Californie, pense que le même scénario s’est peut-être déjà produit dans l’univers. «Je pense qu’il est probable que l’intelligence la plus avancée de l’univers soit synthétique», dit-il.

Si cela vous semble être un scénario sombre, vous ne pensez pas comme Lovelock. «J’ai maintenant dépassé la centaine et avoir une vision optimiste est le seul qui en vaille la peine», dit-il. Les humains ont eu une belle course sur Terre, écrit-il, et avant de nous retirer, nous sommes engagés dans l’une des choses les plus nobles que nous puissions faire: «Nous nous préparons maintenant à transmettre le don du savoir à de nouvelles formes d’êtres intelligents. . »

თურქეთი ეხმარება თურქებს

თურქეთი ეხმარება ოსმალების შთამომავალ აჰისკა თურქებს მთელ მსოფლიოში.

თურქეთი ცდილობს ოსმალების შთამომავალი აჰისკა თურქების, იგვე მესხეთის თურქების სოციალურ-ეკონომიკური სტატუსის გაუმჯობესებას, დახმარების თურქული სააგენტოების თანახმად.

https://www.aa.com.tr/en/turkey/turkey-supports-ahiska-turks-across-world/2043319

Les efforts de la Turquie visent à améliorer le statut socio-économique des Turcs d’Ahiska, selon les agences d’aide turques

Nazli Yuzbasioglu და Zuhal Demirci |14.11.2020

La Turquie soutient les Turcs Ahiska à travers le monde

ANKARA

residency for Turks Abroad and Related Communities- პრეზიდენტობა საზღვარგარეთის თურქებისთვის და მონათესავე თემებისთვის (YTB)-და თანამშრომლობის და კოორდინაციის თურქული სააგენტო მხარს უჭრენ აჰისკა, იგივე მესეხეთის თურქებს რომლებსაც უნდათ დაბრუნება მათ სამშობლოში საიდანაც გაძევებულები იყვნენ 76 წლის წინ.

YTB მხარს უჭრს აჰისკა თურქებს მრავალი პროექტით და წამოწყებით.

1944 წელს მათი განდევნის შემდეგ აჰისკა თურქების ტანჯვა და მდგომარეობა გამოვლინდა შარშან მოწყობილი საგანგებო ღონისძიების დროს. მასში მონაწილეობა მიიღო თურქეთის პრეზიდენტმა რეჯეპ ტაიიპ ერდოგანმაც.

 

 

YTB-მა მოაწყო აჰისკა თურქების მათი სამშობლოდან განდევნის 75-ე წლისთავის აღმნიშვნელი ღონისძიება. დაახლოებით 3000 აჰისკა თურქი შეხვდა თურქეთის პრეზიდენტ ერდოგანს.

ნაჩვენები იქნა დოკუმრტური ფილმი რომელიც გადაიღო YTB-მრათა ცოცხალი დარჩეს და მომავალ თაობებს გადაეცეს დევნილობის მოგონებები. ცალკე დაიბეჭდა ფილმის სცენარი. დამსწრეებს წარუდგინეს აჰისკა თურქების ხალხური სიმღერების მუსიკალური ალბომი.

 

ზეპირი ისტორიის პროექტი, Last Witnesses of Exile, YTB-ს მხარდაჭერით, მოიცავდა დევნილობის განმცდელი და ეხლა თურქეთში, საქართველოში, ყაზახეთში, ყირგიზეთში და აზერბაიჯანში მცხოვრები აჰისკა თურქების მოწმობებს.

დევნილობის 75-ე წლისთავის აღსანიშნად YTB-მ მოაწყო ღონისძიება რომელშიც მონაწილეობა მიიღეს თურქეთის დეპუტატებმა და საქართველოს ხელმძღვანელებმა. იქმნება მონაცემების ბაზა აჰისკა თურქების სოციალურ-ეკონომიკურ მდგომარეობაზე.

შესწავლილი იქნა აჰისკა-თურქების 220 სოფელი. გამოვლინდა და აღირიცხა სამოქალაქო შენობები, მიზგითები, მედრესეები, სკოლები, საზოგადო აბანოები, შადრევნები, შესწავლილი იქნა თურქეთის და საქართველოს შესაბამისი არქივები.

გამოიცა წიგნი ”თურქულ-ისლამური არქიტექტურული ძეგლები მესხეთის რეგიონში”-Turkish-Islamic Architectural Relic in the Meskhetian Region .

YTB ​ახალისებს აჰისკა თურქებს საქართველოში უმაღლესი განათლების მიღებისკენ. დღეს მისი მხარდაჭერით ათობით აჰისკს თურქს აქვს ქართული უნივერსიტეტების დიპლომები.

YTB ასევე მხარს უჭერს აჰისკა თურქების ინტეგრაციას იმ საზოგადოებებში სადაც ცხოვრობენ და მათი სოციალურ-ეკონომიკური გავლენის გაძლიერებას.

ის აწყობს კურსებს რათაა გააადვილოს აჰისკა თურქების შესვლა უნივერსიტეტებში.

აჰისკა თურქებს ეხმარება თურქეთის მეორე სამთავრობო ორგანიზაციაTIKA-ც.

მრავალმა აჰისკა თურქმა ნახა მათი წინაპრების მიწა ამ ორგანიზაციის და აჰისკა თურქების მსოფლიო კავშირის დახმარებით.

განდევნის ერთ-ერთი მოწმე Seyfettin-ის სახლი გაარემონტეს.

l’un des témoins oculaires de l’exil, a été réparée. 

TIKA-მ თურქეთში მოაწყო თურქული ენის კურსები აჰისკა თურქებისთვის.T

TIKA ათობით სტუდენტ აჰისკა თურქს დაეხმარა საქართველოს უმაღლესი სასწავლებლების დიპლომის მიღებაში.

ამ ორგანიზაციის ერთ-ერთი პრიორიტეტი იყო აჰისკა თურქების ეკონომიკური მდგომარეობის გაუმჯობესება. მან 2015-2016 წლებში 80 საკერავი მანქანა მისცა აჰისკა ქალებს/

Renforcer les conditions économiques des Turcs Ahiska a été l’une des priorités de TIKA, qui, en coopération avec DATUB, a fait don de 80 machines à coudre aux femmes Ahiska en 2015-2016.

TIKA ასევე დაეხმარა საქართველოს აჭარის და ახალციხის რეგიონების 30 ოჯახს.

ამას გარდა TIKA-მ 2017-18 სასწავლო წელს დააფინანსა 5 ახალგაზრდა აჰისკა თურქის პროფესიული სწავლა საქართველოში. და შექმნა სათბურები ახალციხის და გორის რეგიონების 43 ოჯახისთვის.

აჰისკა თურქებს დახმარება გაუწიეს კორონავირუსის პანდემიის დროსაც. დაახლოებით 180 ყუთი საკვები დაურიგეს აჰისკას ოჯახებს საქართველოს ახალციხის, გორის და სამტრედიას რეგიონებში.

აჰისკა თურქების მსოფლიო ასოციაციის თანახმად საბჭოთა ხელმძღვანელმა სტალინმა 1944 წელს 92 000-ზე მეტი აჰისკა თურქი, რომლებიც ასევე ცნობილები არიან მესხეთის თურქების სახელით, განდევმა მათი რეგიონიდან.

გადასახლების პროცესში შიმშილისგან, სივისგან და ავადმყოფობებისგან დაიღუპა დაახლოებით 13 000 აჰისკა თურქი.

500 000-მდე აჰისკა თურქი განაწილებულია 9 ქვეყანაში, მათ შორის თურქეთში, საქართველოში, აზერბაიჯანში, აშშ-ში და შუა აზიაში.

Ahmet Gencturk Ankara-ში.

თურქეთი თურქებს ეხმარება საქართველოში და ნეტა ქართველებს საქართველოში ვინ ეხმარება….

ქალებით ჭრობაზე ისევ

მდიდარ და აყვავებულ საზოგადოებას ქმნის გაიძვერობა-მამაძაღლობა და არა ასკეტიზმი და ღმერთის და მოყვასის სიყვარული. ესაა პოსტქრისტიანული იდეოლოგია.

Bernard Mandeville, ou parfois de Mandeville, né le 15 novembre 1670 à Rotterdamet mort le 21 janvier 1733 à Hackney, est un écrivain néerlandais, puis britannique dès 1690.

La Fable des abeillesThe Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits en anglais, est une fable politique de Bernard Mandeville, parue en 1714. Il en a fait un second tome en 1729.

cipalement pour son poème La Fable des abeilles, publié une première fois en 1705 sous le titre The Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest et réédité et commenté en 1714-1723 sous le titre Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits.

Il soutient l’idée que le vice, qui conduit à la recherche de richesses et de puissance, produit involontairement de la vertu parce qu’en libérant les appétits, il apporte une opulence supposée ruisseler du haut en bas de la société. Aussi, Mandeville estime que la guerre, le vol, la prostitution, l’alcool et les drogues, la cupidité, etc., contribuent finalement « à l’avantage de la société civile » : « Soyez aussi avide, égoïste, dépensier pour votre propre plaisir que vous pourrez l’être, car ainsi vous ferez le mieux que vous puissiez faire pour la prospérité de votre nation et le bonheur de vos concitoyens »3.

Sa philosophie a notamment influencé l’économiste Adam Smith3, ainsi que le philosophe Hayek, qui s’intéresse en particulier à son travail psychologique4. Mais c’est surtout Keynes qui l’a remis à l’honneur dans son Essai sur Malthus et dans la Théorie Générale. Keynes le considère comme un précurseur du fondement de sa propre théorie de l’insuffisance de la demande efficace.

Parue dans un premier temps en 1705 sous la forme d’un poème intitulé « La Ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens », The Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest en anglais, la première version ne fut guère remarquée. Rééditée en 1714 avec un commentaire extensif en prose, elle est bientôt devenue célèbre pour son attaque supposée des vertus chrétiennes.

Pour Bernard Mandeville, le vice, qui conduit à la recherche de richesses et de puissance, produit involontairement de la vertu parce qu’en libérant les appétits, il apporte une opulence supposée ruisseler du haut en bas de la société. Aussi, Mandeville soutient que la guerre, le vol, la prostitution, l’alcool et les drogues, la cupidité, etc. contribuent finalement « à l’avantage de la société civile ». « Soyez aussi avides, égoïstes, dépensiers pour votre propre plaisir que vous pourrez l’être, car ainsi vous ferez le mieux que vous puissiez faire pour la prospérité de votre nation et le bonheur de vos concitoyens1. »

Au xxe siècle, Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique, tandis que Keynes mit en avant la défense de l’utilité de la dépense.


La fable des abeilles de Mandeville

fable des abeilles Mandeville

La fable des abeilles a fait scandale. Son auteur, Mandeville, a gagné avec la publication de La Fable des abeilles le surnom facile de « man devil » (« homme diable ») parce qu’il y fait une apologie du plaisir et du vice qui a choqué la morale religieuse de l’époque. Son argumentation volontairement provocante consiste cependant à justifier et à promouvoir les écarts individuels comme le moyen d’un bien général et supérieur.

>> Le plaisir selon Épicure sur un post-it

La fable des abeilles montre que les vices privés contribuent au bien public. C’est en effet l’esprit d’invention, et non pas l’ascétisme, qui favorise le développement de l’industrie, et améliore ce faisant les conditions de vie des plus pauvres. En défendant ainsi la liberté économique, Mandeville ébranle la défense de l’honnêteté par les moralistes. « Le vice, écrit-il, est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger, avance l’homme de lettres. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une Nation célèbre et glorieuse » (La Fable des abeilles). Le paradoxe est mis en évidence dès le début de la fable : les abeilles sont inconstantes et pourtant elles sont bien gouvernées. La merveilleuse ruche n’était pas la tyrannie, mais elle avait pour modèle la monarchie constitutionnelle, dans laquelle les lois limitent le pouvoir du monarque. Elle est donc une société qui parvient globalement à instituer certaines normes même si ses abeilles embrassent toutes les professions, notamment les plus véreuses. Mandeville veut ainsi faire comprendre que leur mutualité n’est pas une mutualité voulue : il s’agit d’une réciprocité qui se joue à l’insu des individus. Dès lors, la constitution du lien social se fait dans le dos des acteurs, comme le résume la fameuse formule « vices privés, bien public ».

მიხაილ გორბაჩოვის პერესტროიკამ ადამიანი გადააქცია საქონლად. არაა ეს სტალინიზმზე ბევრად უკეთესი, ადამიანებით ვაჭრობა რუსეთში და სხვა პოსტსაბჭოთა სახელმწიფოებში, 2010 წლის 11 დეკემბერი

https://link.springer.com/article/10.1007/s12142-010-0188-1

Human Trafficking in Russia and Other Post-Soviet States

Examen des droits de l’homme le volume 12 , des pages329–344 ( 2011 ) Citer cet article

Abstrait

Depuis l’effondrement du régime soviétique, les États post-communistes ont rapidement appris le visage moderne de l’esclavage. Des femmes slaves ont été trafiquées vers les marchés du sexe d’Europe occidentale, d’Asie et d’Amérique du Nord. La flambée de la traite des êtres humains est le résultat de nombreux facteurs, notamment la chute dramatique du système économique et la détérioration complète du filet de sécurité sociale. Cet article explore les causes et les conditions de la croissance du commerce des personnes dans la région, le profil et le comportement typique des victimes, et la perception du public du problème de la traite. Il identifie les inefficacités derrière les réponses nationales et internationales à la traite et les complications pour l’élaboration des politiques associées à la stigmatisation attachée aux professionnel (le) s du sexe.

introduction

Le 3 novembre 1989, des foules de gens ont démoli le mur de Berlin. L’Empire soviétique s’était effondré. Le monde, ou du moins une grande partie de celui-ci, s’est joint à la célébration et a promis d’aider à réformer l’ancien système communiste. La triste réalité de la transition postcommuniste a frappé fort et rapidement. La liberté est venue avec une nouvelle forme d’esclavage moderne: la traite des êtres humains. La traite des êtres humains implique l’acquisition et le transport de personnes vers un lieu géographique différent pour profiter de leur travail (Aronowitz 2001 ; Repetskaia 2005 ). Chaque année, le nombre total de victimes de la traite dans le monde avoisine les 900 000 (US State Department 2006 ). Les estimations des personnes piégées dans le travail forcé vont de 4 à 27 millions (Buckley 2009b). Les groupes criminels impliqués dans la traite des êtres humains génèrent plus de 3,5 milliards de dollars américains par an (Stoecker 2005 ). Un rapport des Nations Unies de 2006 a nommé 127 pays d’origine et 137 pays de destination de la traite des êtres humains (ONUDC 2006 ).

Bien que historiquement silencieux sur la traite des êtres humains, le gouvernement russe a déclaré que la traite des êtres humains constituait une menace pour la sécurité nationale en 2004. D’ici là, un certain nombre d’ONG comme Syostri (Sisters), ainsi que des universitaires et un représentant de la Doumanote de bas de page 1 poussé pour un changement dans la législation pénale russe d’inclure une loi anti-trafic (Shelley et Orttung 2005 , Buckley 2009b ). Bien que plus restreinte que les militants et ce que voulait le département d’État américain, une nouvelle législation a été adoptée en 2003 (Buckley 2009b ).

Cet article donne un aperçu de la nature du commerce humain en Russie et dans les autres États de l’ex-Union soviétique. Plus précisément, il explore les causes du trafic sexuel, élabore un portrait de la victime et de son comportement typique, et aborde les perceptions du public sur l’état de la traite des êtres humains et des victimes de la traite. L’étude se termine par une évaluation des efforts actuels de lutte contre la traite dans les anciennes républiques soviétiques.

Recherche universitaire sur la traite des êtres humains

Depuis le milieu des années 1990, la plupart des explications de la traite des êtres humains tournent autour des concepts économiques d’offre, de demande, de risques et de profits (Salt et Stein 1997 ; Hughes 2000 ; Shelley 2003 ). La forte demande de services sexuels et de main-d’œuvre bon marché dans les pays plus développés est satisfaite par une offre abondante de femmes et d’enfants, ainsi que de quelques hommes issus de pays pauvres. La nature secrète du commerce humain, le sous-développement des lois contre la traite, la forte réticence des victimes à porter plainte et à témoigner contre leurs ravisseurs, et les peines clémentes en font une activité criminelle à faible risque avec des marges bénéficiaires élevées.

Le côté offre de la traite des êtres humains a été étudié plus en détail que celui de la demande. Une grande partie de cette littérature se concentre sur les mécanismes de la traite, à savoir le recrutement, le transport et l’ exploitation des victimes, ainsi que les réseaux criminels impliqués dans l’entreprise (Caldwell et al. 1997 ; Schloenhardt 1999 , Shannon 1999 , Aronowitz 2001 ; Viuhko 2010 ). En revanche, le côté demande de la traite a reçu beaucoup moins d’attention, mais, comme certains le soulignent, doit être abordé afin de lutter efficacement contre la traite (Bertone 1999 ; Taylor et Jamieson 1999 ).

Les études sur la traite des êtres humains liées aux bouleversements économiques et politiques représentent un segment particulier de l’argument économique. Hughes ( 2002 ) et Klopcic ( 2004 ), par exemple, soulignent les effets dévastateurs des ralentissements économiques et des conflits militarisés sur la vulnérabilité accrue des femmes et des enfants. La présence des forces internationales augmente la demande de services sexuels ainsi le trafic de ravitaillement en carburant (Tritaki 2003 , Agathangelou et Ling 2003 , Farr 2005 , Mendelson 2005 , Allred 2006 , Hughes et al. 2007 ; Zimelis 2009 , Smith et al. 2008 ).

Alors que les premiers récits de la traite des personnes ont cherché à définir et à faire connaître le problème (OIM 1995 ;. Caldwell et al 1997 , Chuang 1998 , Graycar 1999 , Kyle et Koslowski 2001 ), des études récentes consacrées aux questions juridiques et politiques de lutte contre la traite (Derks 2000 ; Kelly et Regan 2000 ; Gallagher 2001 ; Ryf 2002 ; Bishop 2003 ; Richards 2004 ; Hyland 2001 ; Shigekane 2007 ). Une difficulté majeure dans la littérature est le manque de normes unifiées pour évaluer le résultat des efforts de lutte contre la traite (Laczko2002 ; Laczko et Lee 2003 ; Laczko et Gozdziak 2005 ). Le processus d’évaluation est compliqué par le manque de données fiables (Savona et Stefanizzi 2007 ). Pour cette même raison, les études quantitatives sur la traite des êtres humains sont exceptionnellement rares (Goździak et Bump 2008 ), alors que les études qualitatives s’appuient généralement sur des récits individuels d’anciennes victimes de la traite (Cadet 1998 ; Bales et Trodd 2008 ).

La plupart des preuves de la traite des êtres humains en provenance de l’ancien bloc soviétique sont anecdotiques et proviennent de groupes de femmes non gouvernementaux (Shelley 2003 ; Orlova 2004 ; Stoecker 2005 ; Shelley et Orttung 2005 ; Sulaimanova 2006 ; Buckley 2009a , b ). La recherche universitaire dans la région est rare et a été principalement produite au cours de la dernière décennie (Shelley 2003 ; Orlova 2004 ; Stoecker 2005 ; Shelley et Orttung 2005 ; Sulaimanova 2006 ; Buckley 2009a , b). Un obstacle majeur à la recherche sur le sujet, bien sûr, est la nature criminelle, et donc secrète, de l’activité de traite des êtres humains. Il existe des risques importants associés à cette collecte d’informations. Par exemple, un journaliste russe a été sévèrement battu après avoir rendu public la recherche d’un universitaire russe, Lyudmila Erokhina, sur la collusion entre les trafiquants et l’industrie du tourisme (Stoecker 2005 ).

Pourtant, nous connaissons quelques faits sur la traite des êtres humains. Premièrement, beaucoup plus de femmes que d’hommes sont victimes de la traite. Les industries du sexe sont les principaux employeurs des femmes victimes de la traite, bien que les femmes soient également utilisées dans les services domestiques (Hughes 2000 ; Tsutsumi et al. 2008 ). Deuxièmement, nous connaissons les principaux États exportateurs et importateurs et les itinéraires de transit des victimes de la traite (Stoecker 2005 ; Shelley 2005 ; Shelley et Orttung 2005 ; Buckley 2009b ). Troisièmement, nous avons un profil général des victimes de la traite (Bertone 1999 ; Shelley 2005 ). Quatrièmement, nous savons comment les trafiquants recrutent des victimes potentielles et les conditions de leur travail (Erokhina2005 ; Waugh 2006 ). Cinquièmement, le nombre de poursuites et de condamnations pour traite est extrêmement faible, principalement en raison de la réticence des victimes à porter plainte (Zakhari 2005 ; Sulaimanova 2006 ; Buckley 2009b ). Enfin, les pays individuels et la communauté internationale ne sont pas encore efficaces pour lutter contre la traite des êtres humains ou protéger et réhabiliter ses victimes (Tiuriukanova 2005 ; Zakhari 2005 ; Buckley 2009b ).

Chaque année, entre 20 000 et 60 000 femmes russes sont victimes de trafiquants, et pas moins de 500 000 en ont été victimes depuis l’effondrement de l’Union soviétique (Buckley 2009b ). La Russie est devenue l’un des plus gros exportateurs de femmes pour l’industrie du sexe (ONUDC 2006 ). La Russie offre également de multiples itinéraires de transit aux trafiquants d’êtres humains des pays les plus pauvres de l’ex-Union soviétique (V Bashkirii Zaderzhan 2010 ; V Novosibirske Osuzhdena 2010 ; 40 Chelovek Soobschili 2010 ; Ruzanova 2008). L’explication économique de l’expansion de la traite des êtres humains, aussi forte soit-elle, ne donne pas une image complète du problème dans les États post-soviétiques. Ce qui suit est une tentative d’expliquer les facteurs qui contribuent à l’explosion de la traite des êtres humains, en particulier à des fins d’exploitation sexuelle, en Russie et dans d’autres anciennes républiques soviétiques. Outre les explications économiques et juridiques de la traite, je me concentre sur les aspects sociaux et psychologiques de l’esclavage moderne en Russie. Les conséquences de l’inégalité des sexes, des traditions patriarcales, de la mythologie de la prostitution et de la révolution sexuelle ont créé une combinaison unique de facteurs contribuant à la recrudescence de la traite et de l’exploitation sexuelles.

Romantiser la prostitution

La prostitution de masse existe en Russie depuis la fin du XVIIe siècle (Bernstein 1995 ; Malakhov 2001). Le statut de la profession a changé avec chaque nouveau monarque de la criminalisation de la prostitution à sa réglementation stricte de l’État à l’exigence que les prostituées doivent porter des robes jaunes spéciales. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans la Russie tsariste, la plupart des prostituées étaient issues de la paysannerie. Après l’abolition du servage au plus fort de l’industrialisation, les paysans affranchis se sont précipités vers les villes à la recherche de travail. Incapables de trouver un emploi, de nombreuses femmes se sont tournées vers la prostitution. Il est intéressant de noter que les méthodes utilisées à l’époque pour recruter des travailleuses du sexe ressemblent fortement aux systèmes modernes. Par exemple, des recruteurs spéciaux se sont rendus à la campagne pour attirer des paysannes sans méfiance avec la perspective d’emplois bien rémunérés dans les centres urbains et les ont ensuite forcées à se prostituer (Malakhov 2001).

Dans les premières années qui ont suivi la révolution bolchevique, l’État communiste a lancé une vigoureuse campagne contre les prostituées, qui, sur ordre de Lénine, étaient parfois exécutées et envoyées dans des camps de travail (Malakhov 2001 ). «Le communisme est la tombe de la prostitution», a déclaré la Commission d’État de lutte contre la prostitution en 1919 (ibid.). Cette politique a cependant été assouplie au début des années 1920 avec un retour partiel à une économie de marché et une amélioration générale des conditions économiques (ibid.). En outre, le rejet de l’institution du mariage et de la famille par certains hauts responsables communistes comme «bourgeoise» et obsolète a conduit à une nouvelle vague de prostitution. Cependant, à partir de 1929, la prostitution fut de nouveau brutalement réprimée et presque complètement éliminée sous le règne de Staline (ibid.).

Pendant le reste de l’ère soviétique, la prostitution a survécu dans la clandestinité et a cessé d’être un sujet de discussion publique (Namedni 1987 ). Cela a changé en 1986 avec la publication d’un rapport d’enquête dans l’un des principaux journaux de Moscou sur le travail des prostituées d’élite au service exclusivement de clients étrangers (ibid.). La vie des prostituées d’élite a été décrite comme insouciante et prospère à la télévision et plus tard dans un film à succès «Interdevochka». Cette mythologie de la prostitution dans les médias a infiltré la culture. Selon deux sondages d’opinion publique menés auprès de filles du secondaire à la fin de 1989, la prostitution figurait parmi les dix professions les plus prestigieuses et les plus désirables (ibid.).

Révolution sexuelle en Russie

Les premières années de la perestroïka ont ouvert une conversation publique sur des sujets liés au sexe en général. Par exemple, deux journalistes de télévision, Phil Donahue et Vladimir Posner, ont animé une série d’émissions en direct entre des auditoires de studio aux États-Unis et en Russie. Dans l’une des émissions, une femme de Boston s’est plainte du fait que les publicités aux États-Unis surexploitaient les images sexuelles et a demandé si c’était le cas en URSS. «Il n’y a pas de sexe en URSS», a été la réponse d’une femme du public du côté russe. Elle voulait dire «à la télévision», mais la fin de la déclaration s’est noyée dans la mer de rire des deux côtés de l’océan. Cette phrase est depuis devenue une blague populaire, mais, comme le dit la sagesse commune, il y a un grain de vérité dans chaque blague (Znamenitoi Fraze 15 Let 2001 ).

La sexualité, condamnée par l’idéologie communiste comme un vice capitaliste, ne faisait plus partie du discours public depuis les années 1920 (Namedni 1993 ). Aujourd’hui, à la fin des années 1980, la sexualité a été adoptée et célébrée par la jeune génération comme un symbole des temps changeants et de la perestroïka . La liberté sexuelle s’est politisée comme une forme de protestation contre l’ancien régime. Les sex-shops ont poussé dans les grandes villes et ont tellement attiré la curiosité que les propriétaires ont pu facturer un droit d’entrée. En 1993, alors que les ventes de journaux diminuaient rapidement, une publication érotique, «SPID-Info», est devenue le chef de file de la presse écrite avec des ventes mensuelles de 4 millions d’exemplaires (Namedni 1993). La production et la distribution de pornographie n’étaient pas réglementées et les vidéos pornographiques étaient largement disponibles. La mode féminine est devenue minimaliste et provocante. Les jupes courtes, les chemises décolletées, les talons hauts et le maquillage épais dominaient la tendance de la mode et étaient censés envoyer un message concret au reste du monde: je suis libre, je suis sexy et j’en suis fier (Namedni 1988 ).

La prostitution en croissance rapide était un sous-produit de la révolution sexuelle tardive. Inspirées des médias et du cinéma, les jeunes filles n’avaient plus honte de proposer leur corps à la vente. Certains étudiants et jeunes professionnelles y ont vu un moyen facile de gagner de l’argent supplémentaire tout en poursuivant leurs principaux objectifs de carrière. D’autres ont déménagé à Moscou et dans d’autres villes pour travailler dans des boîtes de nuit et des restaurants, ce qui impliquait généralement du déshabillage et de la prostitution (Meshkov 2008 ).

Cette expression de la sexualité et de la liberté féminines s’est produite alors que les hommes se sentaient plus libres de violer le corps d’une femme (Pilkington 1996 ; Zabelina 1996 ; Buckley 1997 ). Le nombre de rapports de viol a grimpé en flèche à la fin des années 80 et au début des années 90 (Johnson 2005 ). Les hommes se sont excusés en se disputant avec les jeunes filles et les femmes ont incité à des agressions sexuelles avec des tenues, des discours et des comportements provocateurs (Khodyreva 2004 ; Johnson 2005 ).

Fondements économiques de la traite des êtres humains

L’effondrement du régime soviétique et le choc économique qui a frappé les anciens pays communistes ont entraîné une détérioration immédiate du niveau de vie de la population générale (Ashwin 2006 ; Lavigne 2007 ). Les femmes, cependant, ont subi des conséquences économiques plus graves que les hommes. Le chômage, inexistant sous le communisme, était beaucoup plus élevé dans la population active féminine, et les femmes avaient plus de difficultés à passer du secteur public au secteur privé en raison de la stigmatisation sociale généralisée (Bridger et al. 1995 ; Kay 2006 ; Ashwin 2006 ; Shvedova 2009 ) . Ceux qui ont pu conserver leur emploi ont connu de terribles retards de salaire, qui ont duré des mois et, dans certains cas, même des années (Ashwin2006 ). L’hyperinflation inimaginable dans les années 90 a fait perdre de la valeur de l’argent de jour en jour, et le gouvernement en faillite n’a pas été en mesure de fournir un filet de sécurité.

Anarchie et corruption

L’absence d’un système juridique fonctionnel a joué un rôle important dans la montée de la traite des êtres humains. Bien que les régimes communistes soient tombés presque du jour au lendemain, les anciens systèmes juridiques n’ont pas été rapidement remplacés. La démocratie russe naissante a hérité la plupart de ses lois pénales de l’ancien code juridique soviétique, où la traite des êtres humains n’était ni interdite ni même définie. Les anciens systèmes soviétiques avaient des lois contre le viol et les enlèvements, mais pas de lois sur la violence domestique ou d’autres interdictions générales qui pourraient être utilisées pour poursuivre les trafiquants. La violence domestique, lorsqu’elle a été signalée, a fait l’objet de poursuites en vertu de l’article «hooliganisme». Ainsi, les victimes de la traite des êtres humains peuvent s’attendre à très peu de protection juridique de la part des trafiquants à moins qu’elles ne soient violées ou kidnappées. Il a fallu plus d’une décennie après l’indépendance pour introduire une loi spécifiquement ciblée sur les trafiquants (Shelley et Orttung2005 ; Buckley 2009b ).

Naturellement, l’existence de lois interdisant la traite des êtres humains ne garantit pas des poursuites efficaces. Souvent, les forces de l’ordre participent aux crimes (Sulaimanova 2006 ; Kara 2009 ; Kozlova 2009 ). Les femmes contraintes à la prostitution par des trafiquants ont une confiance exceptionnellement faible dans les forces de l’ordre après avoir été violées par des policiers ou avoir eu des policiers comme clients (Waugh 2006 ) et la police russe est l’une des institutions gouvernementales dont la confiance est la plus grande (WCIOM 2010a , b ).

La corruption est endémique dans les institutions politiques et gouvernementales de la Russie (par exemple, Ledeneva 2006 ). L’obtention de faux documents ou le franchissement de la frontière russe ne prend rien de plus qu’un pot-de-vin. La corruption rend le travail d’un trafiquant beaucoup plus facile et moins risqué. Ces dernières années, la Russie est devenue l’un des plus grands exportateurs de commerce humain et une voie de transit majeure pour la traite des êtres humains entre l’Asie et l’Europe (Buckley 2009b ). Des femmes de Moldavie et d’Ukraine, ainsi que des pays d’Asie centrale, sont transportées en Russie avant d’être victimes de la traite vers les Balkans, l’Europe occidentale, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis (Pyshschulina 2005). La Russie a également été un importateur de main-d’œuvre esclave, principalement d’Asie centrale, car les Ouzbeks et les Turkmènes sont introduits clandestinement en Russie et deviennent esclaves en raison de leur statut illégal.

ევროპელები ძველ რუსეთში

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http://yarcenter.ru/articles/history/ukorenenie-nemtsev-pri-ivane-groznom/

Укоренение «немцев» при Иване Грозном

27 Октября 2016   ●    Блог ТолкователяС началом открытия Московии Европе при Иване Грозном в стране множилось число «немцев» (под которыми понимали всех северных европейцев). 
Они составляли основу профессионального войска. «Немцы» укоренялись в Московии через дарованные им Иваном IV вотчины. Они же — протестанты — породили в Московии ненависть к католичеству.

Об инкорпорирование «немцев» в Московии пишет историк Татьяна Черникова в статье «Западные служилые иноземцы и придворные врачи во времена Ивана Грозного» («Вестник МГИМО», №4, 2012).

Итак, какие же «новизны» в положении служилых иноземных военных случились во второй половине XVI в.? Во-первых, мы видим куда более разнообразный национальный состав наёмников: выходцы из различных западноевропейских земель и Речи Посполитой потеснили «фрязей». Штаден, говоря о России 1560-1570-х, подчёркивал: «Большая часть иноземцев на Москве теперь немцы, черкасские татары и литовцы». Принц фон Бухов, в 1570-х интересовавшийся только своими соотечественниками на русской службе, отмечал особое пристрастие царя Ивана Грозного к наёмникам — выходцам из Германии. По версии фон Бухова, собираясь на войну, Иван IV «особенно много заботился о наборе» «германских воинов» и не щадил на это «никаких издержек».

Горсей в конце XVI века дополнил список иностранных наёмников поляками, шведами, голландцами и шотландцами. А Джильс Флетчер вдобавок к этим «немцам» нашел в Москве ещё наёмников из греков и турок, а также «черкас, подвластных полякам», которых он порой и называет «поляками». (Черкасами в России называли украинских казаков и часто, сомневаясь в чистоте их православия, относили к «полякам».

Всего, по Флетчеру, в 1588 году в России насчитывалось 4300 иностранных наёмников («поляков» — около 4000, из которых 3500 стояли по различным русским крепостям; голландцев и шотландцев 150; сводный отряд в 100 человек из шведов, датчан, греков и турок).

Вторым новшеством можно считать расширение сферы применения иностранных наёмников. Иван Грозный, как его дед и отец, продолжил приглашать «из Германии и Италии инженеров и литейщиков, пушкарей, при помощи которых укрепил по-итальянски Кассан (Казань), Чатракан (Астрахань) и другие места, а также отлил большое число пушек. В Моске (Москве) есть длинный ряд мастерских, где делают аркебузы в большом количестве» (сообщение венецианца Тьеполо). Записки Штадена тоже свидетельствуют: «Посредине города был заново отстроенный двор, в нём должны были лить пушки».

Один анонимный итальянский автор XVI века, объясняя причины быстрого взятия Полоцка русским войском в 1563 году, заключил, что успех был достигнут благодаря английским и германским пушкарям, которые мощным огнём зажгли город и принудили его к капитуляции.

В середине и второй половине XVI века в России появилась иностранная наёмная конница, возможно тяжелая — рейтары, состоящие из «немцев» и, очевидно, из «поляков». Причем в 1558 году, в начале Ливонской войны, количество западных кавалеристов было большим, чем то, которое Флетчер привёл для «мирного» 1588 года. Из «Рассуждения о Московии» венецианца Марко Фоскарино следует, что в 1557 году Россия обладала 3 тысячами тяжеловооруженных «немецких» кавалеристов. Их итальянец видел на смотру. Ещё там было много явно русских воинов: 10 тысяч лёгкой конницы и «20 тысяч конных стрелков на саксонский образец, они называются по-нашему «феранхи»; причем из них особенно выделяются стрелки из мушкетов».

Сочинение Горсея содержит рассказ о подвигах иностранных рейтаров, набранных из пленных, захваченных русскими в ходе Ливонской войны. Среди пленных «немцев» обнаружились «лифляндцы, французы, шотландцы, голландцы и небольшое число англичан». Все они прежде служили наёмниками в шведской армии, причем некоторые перешли туда из датской армии. В боях с русскими шведская армия понесла серьезные потери. Так, из семисот шотландских солдат и офицеров, присланных в Ливонию из Стокгольма, по данным Горсея, выжили только 85 человек, и те оказались в плену. «В самом жалком положении» они вместе с тремя англичанами обретались под Москвой. Здесь же находилась и большая часть других пленников: шведов, лифляндцев, французов, поляков, голландцев.

Джером Горсей, фактор Английской (Лондонской) Московской торговой компании был вхож в царский дворец и принял активное участие в судьбе своих соотечественников и 85 шотландцев. Горсей предложил Ивану Грозному принять их на службу, расписал их военные достоинства, объяснив, что шотландцы «представляли целую нацию странствующих искателей приключений, наёмников на военную службу, готовых служить любому государю-христианину за содержание и жалование». Русский царь воспользовался советом англичанина, причём, судя по всему, принял на службу не только шотландцев и англичан, но и прочих западных пленников.

«Немцев» «вооружили, мечами, ружьями и пистолями», поселили в Немецкой слободе, дали лошадей, жалование, ежедневный «корм» и фураж для коней. Вся эта служилая иноземная братия была сведена в 12 конных сотен. Каждая сотня комплектовалась по национальному признаку и имела командира той же нации, что и его воины. Шотландцев возглавил «доблестный воин и благородный человек» Джими Лингет. Горсей упоминает ещё один небольшой (человек в десять) отряд шотландцев и шведов, которые добровольно перебежали в Россию из шведской армии. Горсей замолвил свое слово и за этих ребят, ссудил им 300 талеров, на которые те купили достойное платье, пистоли, мечи.

На русской службе этих «немцев» возглавил шотландский капитан Габриэль Эл-фингстоун. Горсей сообщил также о 1200 «благородных» поляков-конников на русской службе. Вскоре все иностранные кавалеристы проявили себя на крымской границе. Татары, по словам Горсея, были «напуганы до смерти. и кричали: «Прочь от этих новых дьяволов, которые пришли со своими метающими «паффами».

Горсей отмечал, что западные рейтары составляют небольшую часть в русской коннице. Однако он подчёркивал более высокую, чем у русских дворян, боеспособность иностранной кавалерии. Джером Горсей решил, что успех немцев-кавалеристов связан с тем, что татары впервые встретились с огнестрельным оружием. Однако этого не могло быть, так как русские применяли огнестрельное оружие против татар ещё со времен стояния на Угре (1480). Скорее дело было в особой незнакомой татарам и русским рейтарской тактике конных «московских немцев» в сочетании с применением ими огнестрельного оружия. Русские же служилые люди по отечеству (дети боярские), как и татары, предпочитали в конном бою по-прежнему холодное оружие.

Московские власти платили западным кавалеристам жалованье большее, чем «немцам»-пехотинцам, выдавали конникам особое денежное пособие при обзаведении двором, а некоторым иностранцам-конникам выделяли даже поместья. Выделение западным всадникам земельной собственности в России, наподобие земельных окладов русских служилых людей, явилось третьим новшеством в положении иноземцев. О наделении иностранцев поместьями сообщают и русские источники. В житии св. Даниила Переяславского есть сюжет о борьбе инока Даниила, желавшего основать монастырь, с соседним помещиком-«немцем» Иоанном и его «свирепой вельми» женой Натальей. «Немец»-помещик атаковал подвижника, опасаясь, как бы монастырь не захватил его земли.

В 1524 году «немец» Наум Кобель с товарищами били челом государю, что нашли в Двинском уезде соляные ключи. Вокруг располагалась необжитая местность, стоял лес. Василий III дал иностранцам право чистить ключи, рубить лес, ставить дворы, заводить пашню и зазывать к себе людей, «нетяглых и неписьменных».

Если в начале XVI века наделение поместьем было редким исключением, то при Иване Грозном оно стало частым явлением. Генрих Штаден описывает поместья иностранцев в 100, 200, 300 и 400 четвертей (то есть примерно от 50 до 200 га земли). Кормовые деньги, выплачиваемые обычным (безземельным) иностранцам-наёмникам, «немец»-помещик прекращал получать с первым урожаем.

Четвёртым новшеством в положении иноземцев в России можно считать заведение в середине XVI века новых немецких поселений в Москве и за ее пределами. В годы пребывания Штадена в России (1564-1576) служилые иноземцы уже не умещались в одной слободе, поэтому в четырех милях от столицы для них были построены два посёлка: один — севернее Москвы, другой — на Яузе на Болванке.


(Немецкая слобода)

В северной слободе жили «немецкие стрелки и русские стрельцы». Только в Москве располагалось 10 стрелецких полков (около 10 тыс. человек). Ещё более десятка стрелецких полков стояли в различных русских городах. Очевидно, совместное проживание немецких и русских пехотинцев объяснялось необходимостью научить набранных из тяглых сословий стрельцов (русских служилых людей по прибору) обращению с пищалью и навыкам западноевропейского огнестрельного боя.

Ещё одно компактное немецкое поселение находилось в черте городского посада у речки Неглинной, бывшей некогда границей между опричными и земскими землями в столице. Здесь жила большая часть немецких торговых людей, которые были вывезены из городов Лифляндии. Как и прежде, везде дворы служилых иноземцев были свободны от податей и повинностей. По данным Штадена, до сожжения Москвы крымскими татарами в 1571 году немцам давали уже готовые дома в Москве и только после пожара стали селить на Болванке, отмеряя участки размером 40 на 40 сажен (85 на 85 метров). Иноземец строился «как ему угодно».

Пятым новшеством было появление особого правительственного органа, который ведал службой иноземцев — некого Немецкого приказа. О данном приказе в конце XVI века сообщает и Джильс Флетчер. Ведь только элита «немцев», приглашаемая во дворец на пиры с царем, составляла несколько сотен человек. Так, на царском пиру 4 января 1558 года по случаю праздника Крещения английский посол Дженкинсон насчитал «свыше 300 иностранцев».